Le département des Yvelines comptera bientôt sept Data centers... Ces immenses bâtiments qui hébergent les serveurs informatiques avec toutes nos données...

Et moi qui croyais que mes données étaient stockées dans un petit nuage, un “Cloud” voyageant au-dessus de nos têtes. ERREUR Nicolas, ERREUR ! Les petits nuages font 30.000 mètres carrés de béton pour abriter des milliers de serveurs informatiques. Donc, poster une photo de son gratin de coquillettes équivaut à refaçonner le paysage urbain. Surtout en Île-de-France, qui compte un tiers de nos data centers. Car Valérie Pécresse, le data, c'est son dada.

Mais bref, aujourd’hui il est plus rentable d'héberger des données que des gens. Et quand nos petits-enfants nous demanderont : « Mamie, c'est quoi tous ces énormes immeubles dans lesquels il n'y a personne? » on devra leur expliquer que : « c'est l’œuvre de nous tous, les gens qui ont accepté les conditions d'utilisation des application Internet sans lire les clauses de confidentialité… » La prochaine fois, pensez-y avant de liker un tweet de Raphaël Enthoven.  

Mais sans Data centers, pas de réseaux sociaux, pas de YouTube, ni de Blablacar : mais à quoi sert de faire du covoiturage pour lutter contre les émissions de C02 si c’est pour avoir des bâtiments qui bouffent autant d’électricité qu’une ville de 50 000 habitants ? Quand on envoie un mail avec une pièce jointe à tous nos contacts, ça équivaut à laisser une ampoule allumée pendant une heure : les Internets c’est Versailles H vingt-quatre ! Si Anne Hidalgo entend ça, elle va instaurer la circulation alternée pour les mails : on enverra les jours impairs ceux qui commencent par une voyelle.

Mais suivant cette logique, en partageant une pétition contre le réchauffement de la planète, on RECHAUFFE LA PLANETE. Car toutes ces données ont un impact sur le climat. Et si les photos de vacances de votre collègue de travail vous font mourir d'ennui, sachez qu’elles tuent aussi les tortues des Galapagos. Même cette chronique qui sera postée sur Youtube (et disponible en podcast ainsi qu’en replay sur le site de France Inter, abonnez-vous !)... même cette chronique représente une nuisance pour l'environnement. Voilà ça y est je culpabilise.  

Ça refroidit l’ambiance hein ? Eh ben justement, pas assez, Nicolas ! Pas assez ! C’est pour ça qu’en plus des armoires de stockages des serveurs en surchauffe, il faut des climatiseurs géants pour maintenir les installations à température. En 2025, c’est demain, ces data centers consommeront 20% de la production d’électricité mondiale : et ce, pour envoyer des vidéos de chats.  

On pourra toujours vérifier auprès de Marie-Pierre Planchon, mais a priori, toutes les tempêtes débutent avec un petit nuage.

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