"Une invitation, une suggestion, un conseil, une recommandation" de François Morel : le disque d'Antoine Sahler

Antoine Sahler et François Morel sur la scène du Théâtre du Nord en 2017
Antoine Sahler et François Morel sur la scène du Théâtre du Nord en 2017 © Maxppp / Baziz Chibane

Aujourd’hui, premier février, Antoine Sahler sort un disque et c’est l’information principale de la journée. Achetez-son disque. Écoutez ses chansons. C’est pas un ordre, juste une invite, une invitation, une suggestion, un conseil, une recommandation. 

Oui, c’est du copinage. Mais pourquoi le copinage serait forcément haïssable ? Pourquoi une chronique pour un copain serait obligatoirement suspecte ? S’il se trouve qu’en plus de l’affection, on a de l’admiration pour son copain et qu’on voudrait voir son talent reconnu par le plus grand nombre, pourquoi aurait-on tort d’attirer l’attention pour un ami qui justement, et ça tombe bien, a une tête de copain ? 

Antoine Sahler sort un disque. Achetez-le. C’est pas un ordre, un petit peu quand même. Fin de ma chronique.

L’amitié a cela de bien par rapport à l’amour qu’elle est volontiers partageuse. L’amour est jaloux, parfois inquiet, anxieux mais l’amitié se distribue comme des bonbecs sur la cour de récréation, l’amour peut être exclusif mais l’amitié s’agrandit en même temps qu’elle se divise et la fraternité ne se décrète pas, ne se trouve pas forcément là où on l’attendrait.   

Antoine Sahler sort un disque aujourd’hui. Achetez-le. Ecoutez-le. Fin de ma chronique. Il n’y a rien d’autre à dire.

Parce qu’Antoine Sahler fait des chansons. Des chansons tristes qui sont marrantes. Des chansons marrantes un peu mélancoliques.  Des chansons qui évoquent les couples séparés, les semaines B, les couples qui perdent, qui durent, les couples qui perdurent, les aubergines en janvier, les clémentines en juillet, non mais franchement mais vous me voyez faire le critique musical ? « On peut tourner la page depuis qu’on sait danser sous les orages. »

Vous me voyez dire que ce jeune homme sait écrire des textes impeccables sur des musiques acidulées ? Vous me voyez signaler qu’il a le chic pour écrire des refrains impeccables, resserrés « On rêve d’ailleurs. D’ailleurs, on rêve. »

Antoine Sahler sort un disque aujourd’hui. Ecoutez-le. Achetez-le si vous pouvez, si vous trouvez le dernier disquaire résistant qui a réussi à rester dans sa boutique, indifférent aux tempêtes du streaming, aux bourrasques de la musique en ligne, aux ouragans de Spotify et de la musique en tornades, en trombes, en tourbillons, si vous prenez le temps de le commander sur internet, si vous êtes dégourdi, débrouillard, malin. Antoine Sahler sort un disque aujourd’hui. Que vous pouvez bien sûr télécharger, personne ne vous en voudra, mais que vous pouvez aussi acheter physiquement vu que la pochette est jolie, les paroles imprimées et les photos d’Aglaë Bory.

Antoine Sahler sort un disque avec du violoncelle et un quatuor à cordes et des saxophones et des chœurs et des guitares acoustiques et électriques. Qu’est-ce qu’il faut vous dire de plus ? Qu’il est en concert le 11 février au Théâtre des Etoiles 61, rue du Château d’Eau à Paris, que le disque est produit par le Furieux, mixé par David Chalmin, mastérisé par Raphaël Jonin et dédié à Germain Huber. Vous risquez d’oublier.

Souvenez-vous juste qu’Antoine Sahler a fait un disque et qu’il sort aujourd’hui.

Oui, Antoine, tu veux dire quelque chose

« Merci, merci, merci, merci… »

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