« Il se tut, me fixa de son regard bleu sur lequel glissaient des éclats métalliques, comme un lac accablé de soleil dont il aurait été impossible, sous le scintillement des reflets, de percer la surface. »

Dans son dernier livre, L’Ange et la Bête, Bruno le Maire, auteur Gallimard, et par ailleurs, à ses heures perdues, Ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, raconte sa première rencontre avec Emmanuel Macron. 

« Il se tut, me fixa de son regard bleu sur lequel glissaient des éclats métalliques, comme un lac accablé de soleil dont il aurait été impossible, sous le scintillement des reflets, de percer la surface. »

Et l’on admire la beauté de la langue, l’énigmatique entrelacs des sentiments, la fascination discrète, l’admiration, tout cet indicible de l’âme humaine, la précision des liens invisibles qui régissent les relations entre un suzerain et son souverain, tout cela exprimé avec tant de précision et de délicatesse. 

A une époque où l’on dénonce l’appauvrissement du langage, prenons exemple sur le ministre. Car elle doit nous inspirer cette phrase qu’en français plus relâché, on pourrait traduire par «putain, il me regardait, je savais pas si c’était du lard ou du cochon. »  

Tout à l’heure, Nicolas, je vous ai vu, ne me dites pas le contraire, vous avez observé Claude Askolovitch avec insistance, le pressant de conclure prestement sa revue de presse et Claude Askolovich, pendant le jingle a dit « ben quoi, ça va, j’ai fait 12 secondes de plus que prévu, tu vas pas me faire chier ! »

Quel dommage ! Quelle désolation ! Quelle tristesse dans l’expression quand Claude aurait pu dire…

« Nicolas, j’ai l’impression que sur ton regard sombre glisse des éclats métalliques.

Des éclats métalliques ? se serait étonné Nicolas

Oui, des éclats métalliques, comme un lac accablé de soleil, dont il est si aisé, sous le scintillement de ses reflets, de percer la surface. »

On a appris cette semaine, dans Le Parisien, que les collègues ministres de Bruno Lemaire avaient fait de ce passage un « running gag », un objet de risée. Certains même le connaissent par cœur, se le ressortent, goguenards, lorsqu’ils s’interrogent sur les intentions d’Emmanuel Macron.

Oh, les jaloux, les petits, les envieux, les médiocres qui n’entreront jamais à l’Académie Française. Je me dis que parfois, vous ne méritez pas de siéger au côté de Bruno Le Maire qui n’a que faire de vos saillies, de vos railleries, de vos sarcasmes.

Vous savez ce qu’il fait Bruno quand vous vous moquez ?

Il se tait. Il vous fixe de son regard bleu sur lequel glisse des éclats métalliques, comme un lac accablé de soleil, dont il est impossible, sous le scintillement des reflets , de percer la surface. 

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