La Femme n’est pas née de la dernière pluie. La Femme n’est pas un perdreau de l’année.

Pour être à peu près exact, on situe  son apparition sur terre à une période évaluée à 300 000 années. 300 000 années,  ça fait un bail. A l’époque de la naissance de la Femme, Jean-Pierre Pernaut ne présentait pas encore le 13h de TF1 et moi même, je n’étais pas encore en charge de ces trois inappréciables minutes qui, hebdomadairement, concluant le ruban anxiogène de l’actualité brûlante, viennent vous ravir et vous charmer et vous émouvoir et susciter l’admiration chez les plus subtils parmi les gens de goût. 

Donc, la femme est apparue il y a 300 000 années alors qu’à l’époque,  le primate était du genre homo, sans que personne n’y trouve à redire et même homo sapiens quand on supportait sa petite laine. La femme apparaît  il y a 300 000 années et de l’avis de tout le monde ça fait un bien fou. « Comment jusqu’alors avions nous pu vivre sans elle ? » s’interroge l’homme dans un accès de sincérité. Oui, dès le début de son apparition au sein de l’humanité, la femme a su se rendre indispensable, avec un je-ne-sais-quoi qu’on ne peut expliquer,  une façon de préparer la blanquette, de choisir le papier peint du salon et d’assurer la reproduction de l’espèce.

(Je dois préciser que cette chronique a été retranscrite à partir d’un vieux brouillon rédigé il y a de cela quelques années et que des notations qui à l’époque ne choquaient personne peuvent sembler atrocement machistes aujourd’hui. L’auteur prie son public exigeant de bien vouloir recontextualiser cette chronique au regard également de l’âge avancé de son auteur.)

La femme apparaît, disais-je, il y a 300 000 années tandis qu’en France la journée de la Femme fut proclamée pour la première fois le 8 mars 1982. Il a donc fallu attendre 298 018 années avant que la femme puisse bénéficier d’une journée qui lui exprimerait un peu de reconnaissance. On le voit, le destin de la femme est une longue patience. Pour exercer le droit de vote, il aura fallu qu’elle lanterne pendant 298 055 années. Bien sûr, et je suis d’accord avec vous, il fut toute une longue page d’histoire pendant laquelle l’élection qui consistait généralement à choisir entre deux gros messieurs chauves ne se posa même pas puisque le suffrage universel fut lui même tardif. J’en conviens mais rappelons que pour avoir le droit de signer un chèque la femme poireautera quand même pendant 298 035 années. Sachons apprécier l’évolution des mentalités qui aura permis aux femmes d’obtenir le paiement sans contact en même temps que les hommes.

Vous me direz, car je vois bien que ce matin, vous avez envie de remettre en question chacune de mes paroles,  le carnet de chèque était largement inutilisé du temps du paléolithique quand le mode de vie était essentiellement fondé sur la chasse, la pêche et la cueillette et que Félix Potin lui même n’était pas apparu.  

Je vous répondrai « en effet ».

Un peu d’humour non politiquement correct ce matin sur France Inter avec cette rigolote citation, très second degré du stand-upper  de l’Académie Française et de France Culture Finkielkraut :« Violez, violez, violez. Voilà, je dis aux hommes : violez les femmes ! D’ailleurs, je viole ma femme tous les soirs. Tous les soirs, elle en a marre. »

Enfin, une conclusion plus France Inter mais sans second degré « En 2019, le virus du féminicide a tué 148 fois. Ensemble, soyons vigilants. »

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