Journal satirique paraissant le mercredi, Le Canard Enchaîné, est dans le fond un plumitif fidèle et affectueux.

Cabu, lui était sans doute le plus grand caricaturiste politique. Chaque fois qu’apparaissait un nouveau visage dans le monde médiatique, les autres dessinateurs attendaient la caricature qu’allait en faire Cabu pour le copier. 

Cabu est mort emportant sa frénésie à dessiner comme on respire, son air de vieil adolescent  rieur et tendre mais aux colères intactes. 

Chaque semaine pendant des années, Cabu apportait ses nouveaux dessins aux deux rédactions qui l’employaient, Charlie Hebdo et le Canard Enchaîné.

Charlie Hebdo ne passe plus de dessins de Cabu comme il ne passe plus de dessins de Wolinski, Charb, Tignous, Honoré mais il a raison, il n’a pas vocation à devenir un journal mortuaire.

Cabu était le seul disparu travaillant au Canard alors chaque semaine depuis ce sinistre mois de janvier 2015, le Canard continue de montrer ses dessins à travers une frise de portraits que l’on reconnaît encore, mais pour combien de temps ?

Le monde ne s’est pas arrêté. De nouveaux visages sont apparus. D’autres ont disparu.

Johnny Hallyday est mort.

Jacques Chirac ne va pas très bien.

Bernadette non plus.

Benoît 16 a renoncé à son mandat de pape.

François Fillon est devenu président de la commission constructeurs de la Fédération internationale de l’Automobile.

Nathalie  Kosciusko-Morizet a rejoint Capgemini aux Etats-Unis afin d’y diriger l’activité projet et consulting de la division cloud infrastructure et cybersécurité.

Cécile Duflot dirige une ONG Oxfam France.

Christine Boutin s’est retirée pour une cousinade dans un monastère.

Lionel Jospin est retraité sur l’île de Ré.

François Hollande est auteur à succès.

Julie Gayet vit sa vie de comédienne et productrice.

Barack Obama produit des séries pour Netflix.

Bientôt, un enfant curieux demandera « C’est qui le monsieur avec la grande bouche ? » « Bernard Tapie » répondra le grand-père. « Jamais entendu parler » répondra l’enfant.

« Et celui là avec son gros menton ? » « Arnaud Montebourg ». « … »

L’actualité va vite. Le monde est oublieux. Qui un jour au Canard décidera de supprimer la frise de Cabu ?

Cabu était si foisonnant qu’heureusement, il semble toujours vivant. Une exposition à la Comédie Française  jusqu’au 25 juillet « Cabu, vive les comédiens » Un livre catalogue regroupant plus de 200 dessins féroces, tendres, admiratifs, enthousiastes, vachards.

Une merveille de justesse et d’insolence.

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