C'est en chanson que François Morel revient sur ce confinement qui touche bientôt à sa fin. Avec le nombre de morts quotidien, cette épreuve a fait toucher du doigt l'urgence de vivre pleinement : "Avant qu’il ne soit mort, il était si vivant". Avec Antoine Saler.

"Je mourrai d’un virus, d’un germe ou d’un microbe

D’un truc bien dégueulasse sans doute humanophobe

De lèpre, de  la peste peut-être du typhus

Comme tout un chacun du coronavirus

Je mourrai d’une mort à la télévision

Annoncé en direct par monsieur Salomon

Je mourrai dans des chiffres et quelques statistiques

Qui informent chacun des risques pandémiques

Je mourrai un beau jour pour avoir embrassé

La peau d’une étrangère en un coin mal famé

Je mourrai comme on tousse ou comme on éternue

Pour m’être consolé dans les bras d’inconnues

Pour avoir de trop près serré des anonymes

Etre sans le vouloir et bourreau et victime

Je mourrai de rougeole ou de la rubéole

Un jour que je voudrais retourner à l’école

Je mourrai par hasard d’un rhume de cerveau

Je mourrai de chagrin en pleurant comme un veau

Je mourrai en rêvant aux chiens noirs du Mexique

Aux singes à culs nus dévoreurs de tropiques

Je mourrai en Ehpad en maison de retraite

En attendant confiant une ultime Danette

Je mourrai d’accident ou bien assassiné

Flingué, buté, pendu, lynché, décapité

Je mourrai en plein champ parmi les fleurs sauvages

En observant là-haut les merveilleux nuages

Je mourrai dans mon lit et de ma belle mort

Comme à la fin du jour doucement on s’endort

Pour tenter de sembler de mon temps je mourrai

En chantant « Le télétravail c’est la santé »

Je mourrai bien un jour pas ici maintenant

Plus tard beaucoup plus tard dans 20 ans dans 100 ans

« Ne chantez pas la mort » chantait Léo Ferré

Du temps où Caussimon écrivait des succès

Chaque soir on entend avant la météo

Le nombre inquiétant de ces décès nouveaux

Apprenez bonnes gens qu’en ces temps mortifères

Les morts sont au dessus des normales saisonnières

Je mourrai je ne sais pas comment mais je sais

Qu’un jour s’arrêtera pour toujours ce ballet

Oui, je mourrai bien sûr en méritant j’espère

Cette pensée fondée, ce juste commentaire

Cet avis ordinaire mais si réconfortant

« Avant qu’il ne soit mort, il était si vivant"

François Morel

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