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Je ne veux pas donner l’impression de faire la leçon, surtout à des journalistes ou des commentateurs qui devraient maîtriser le sens des mots, mais même si ça m’embête de devoir intervenir pour une question de terminologie, j’y suis obligé puisque l’Académie Française ne s’est pas penché sur la question, occupée qu’elle était à se demander si un entraineur était le mari d’une entraineuse, si une  abbesse était la femme d’un abbé. Et après tout, puisqu’un plombier pouvait bien être amateur de plombière,  pourquoi une plombière ne pourrait-elle pas raffoler de plombiers ?… 

Ce matin, chronique lexicale pour évoquer le mouvement des Gilets Jaunes annoncé pour demain. Je crois qu’il serait préférable de cesser de parler de l’Acte 17 des Gilets Jaunes parce que, tout simplement, il me semble que ça n’existe pas une pièce en 17 actes. 

Jamais. Nulle part.

Un acte est une subdivision principale d’une pièce de théâtre.

Dans le théâtre classique, le tarif, c’est 5 actes. Dans le théâtre moderne, ça dépend, ça varie entre 1 et 5 actes. Même quand il y a beaucoup de péripéties, d’intrigues qui se mêlent, d’imbroglios, même quand les actions sont nombreuses, les histoires multiples, même quand le dramaturge est sous acides, on ne trouve jamais dix-sept actes. Les acteurs seraient exsangues, les spectateurs perdraient patience.

Un acte se caractérise par une unité de temps. Là, d’accord, c’est le samedi après-midi mais un acte se définit aussi par une unité de lieu. Donc, là, ça ne va plus du tout parce qu’au contraire, chaque samedi, il y a précisément multiplicité de lieux. Paris, Les Champs-Elysées, République, le centre de Bourges, de Lille, de Grenoble, de Bordeaux, place du village de Saint-Elix-le-Château…

Quand, au début du mouvement, un samedi d’automne les gilets jaunes ont investi les ronds points, personne ne pensait que l’aventure durerait si longtemps. Tout le monde pensait que début décembre, l’histoire serait pliée. On pouvait donc parler d’ « actes »

Aujourd’hui, force est de contacter que le mot « épisode » serait plus approprié.

En l’occurrence, demain, épisode 17 de la saison 1, ça me semble correct. Ensuite, épisode 18 de la saison 1, la semaine prochaine. Episode 19 de la saison 1 dans quinze jours. Comme ça, tranquillement,  on avancera jusqu’au samedi 29 juin, jour du 33éme épisode de la saison 1. Le samedi 29 juin ne doit pas être le trente-troisième acte des Gilets jaunes. Aucun dramaturge, aussi démesuré, déraisonnable, excessif soit-il, ne pourrait imaginer 33 actes.

Le samedi 7 septembre 2019 débuterait le Premier épisode de la saison Deux des Gilets Jaunes. Avec encore plus d’actions, encore plus d’intrigues et de manœuvres diverses afin de soutenir continument l’attention du spectateur.

On peut envisager pendant les grandes vacances d’arrêter le feuilleton afin de créer un manque, voire de rediffuser les épisodes précédents pour ceux qui les auraient manqué …

Qui dit épisode, dit feuilleton. L’avantage du feuilleton, c’est que ça ne 

se termine jamais. Tant qu’il y a des spectateurs, des annonceurs, on continue ! 

Comme dans Plus belle la vie,  le scénario s’écrit quasiment au jour le jour. On ne sait pas où on va mais on y va.  Si par hasard, on a manqué un épisode ou deux, ça n’empêche pas de comprendre l’intrigue. 

Oui, dorénavant, ne parlons plus d’acte, parlons d’épisode. 

D’autant que le scénariste qui trouvera le dénouement de l’acte final n’est pas encore né.

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