"Il n'y a pas de raison de remettre en cause le copermo ( le plan de modernisation de l’hôpital) !" Le directeur de la région Grand Est était à l'Ouest, il a été limogé. Il n'avait pas compris qu'il y avait une modernisation d'avant le coronavirus et d'après.

Le directeur de l'Agence régionale de la santé du Grand Est était à l'Ouest. Il a été limogé par le gouvernement sous prétexte qu'il continuait de croire aux bienfaits de la politique du gouvernement d'avant le coronavirus. 

"Il faut le punir, celui-là !" a dit le gouvernement, parce qu'il n'a pas compris qu'avant le coronavirus, c'était la politique du gouvernement, d'avant le coronavirus. Mais maintenant qu'il y a le coronavirus, on fait une politique du gouvernement d'après le coronavirus.

Ah, d'accord, ça consiste en quoi ?

Ça consiste surtout à ne pas redire ce qu'on disait qu'on allait faire quand il n'y avait pas le coronavirus. 

- C''est tout ? 

- Pour l'instant, c'est tout. 

- Ça veut dire que vous ne croyez plus aux bienfaits de votre politique de santé que vous aviez mise en place ? 

- N'extrapolons pas ! Le monsieur de l'Agence de santé du Grand Est, a dit : "Il n'y a pas de raison de remettre en cause le COPERMO". Le COPERMO, c'est le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre des soins. Dans une situation sanitaire extrêmement difficile, le monsieur de l'Agence régionale de santé du Grand Est trouvait qu'il n'y avait pas de raison de remettre en cause quoi que ce soit puisque la modernisation est toujours une bonne idée. 

La modernisation ? 

En l'occurrence, ça veut dire qu'on va regrouper des hôpitaux et diminuer le nombre de lits et supprimer des emplois. 500 quand même pour le Grand Est ! La modernisation dans la tête des responsables, cela va rarement avec l'idée d'augmenter l'offre sanitaire et employer du personnel.

Il trouve le monsieur de l'Agence de santé du Grand Est, qu'il n'y a pas de raison de remettre en cause l'idée de supprimer des lits et des emplois, même dans une situation difficile, quand le personnel se plaint déjà d'être en sous effectif, et quand les lits sont si insuffisants, qu'on a l'idée formidable de transférer les malades vers les hôpitaux d'Occitanie.

Encore une idée moderne. Prendre le train quand tout le monde est confiné, se retrouver à l'autre bout de la France ! Perdre ses repères en même temps qu'on perd la santé. Gouverner, c'est prévoir, comme dirait l'autre, mais prévoir ce que va faire le gouvernement, c'est pas facile non plus. 

Est-ce que le gouvernement va limoger tous ceux qui étaient d'accord avec sa politique d'avant le coronavirus ? 

Le monsieur de l'Agence de santé du Grand Est a dit  : "Je ne fais pas de politique, je suis un fonctionnaire loyal."

Je crois qu'il a tort de penser qu'il ne fait pas de politique. Il en fait, comme monsieur Woerth, en faisait quand il disait à tout bout de champ : "Il y a trop de lits d'hôpital en France", contre l'avis de tous les soignants, que M. Woerth, peut_être, prend la peine d'applaudir tous les soirs à son balcon. 

Le monsieur de l'Agence régionale de santé du Grand Est dit "Je ne dis pas que je suis indispensable". Il a raison. Personne ne l'est. Il dit : "On faisait et on fait du très bon travail avec des équipes et du personnel soignant remarquable". 

C'est gentil de sa part, comme c'est gentil de la part de tout le monde à 20 heures pétantes d'applaudir le personnel hospitalier. Mais quand on aura fini de l'applaudir, on pourrait simplement l'écouter. Mieux encore l'entendre.

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