Les montres de Dali sont molles mais les temps sont durs. Comme moi, vous avez peut-être été bouleversé par cette agression racontée par "Le Parisien" et qui a eu lieu lundi soir, avenue de Friedland à Paris, près des Champs-Elysées.

Un homme d’affaires qui séjournait à l’hôtel Napoléon, fumait devant  l’établissement 5 étoiles. Il s’est alors fait agresser et s’est fait voler sa montre. Une montre Richard Mille d’une valeur de 800 000 euros. 

La Brigade de répression du banditisme est chargée de l’enquête. On parle beaucoup en ce moment du malaise de la police, on se dit qu’il ne va pas s’arranger au moment où  des fonctionnaires doivent s’occuper de récupérer une montre de 800 000 euros. Imaginez le brigadier de répression du banditisme qui doit travailler sur l’affaire et réalise qu’en économisant un peu, c’est à dire en mettant intégralement de côté chacun de ses salaires pendant environ une trentaine d’années, il pourra sûrement un jour s’acheter le modèle « Tourbillon diamond twister ». Ça le fait rêver. Ça lui donne du cœur à l’ouvrage. Il se dit qu’il fait un beau métier, celui de gardien de la paix sociale…

On pourrait sans doute reprocher à L’Hôtel Napoléon de ne pas posséder un fumoir, ou au moins quelques chambres fumeurs, afin de permettre à ses riches clients de regarder l’heure en fumant une cigarette et ne pas les contraindre à sortir par un soir d’octobre, même si l’air est doux,  les températures s’échelonnant ce soir là entre 16 et 19 degrés, un vent d’Ouest soufflant légèrement à 9 km/h, dans un quartier où, hélas,  sévissent encore des pauvres.

Evidemment, l’agresseur a fait une mauvaise action en se procurant une montre de manière malhonnête, mais mettez-vous à sa place, imaginez le nombre de pauvres, de gilets jaunes qu’il aurait fallu agresser pour obtenir une somme pareille, imaginez le nombre de montres Swatch qu’il aurait fallu subtiliser pour atteindre 800 000 euros. Le voleur apparemment a surtout cherché à contredire Alphonse Allais qui disait 

Il faut prendre l’argent où il est, c’est à dire chez les pauvres. D’accord, ils n’en ont pas beaucoup mais ils sont si nombreux

Si les pauvres étaient plus riches, si les riches étaient plus nombreux, peut-être la vie du voleur, qui sans doute tous les jours ne doit pas être une promenade de santé, s’en trouverait améliorée. 

« Les policiers de la PJ, nous dit Le Parisien, sont plutôt optimistes sur la résolution de l’affaire. » Le directeur du Napoléon va remettre les images de la vidéo surveillance. L’arracheur de téléphone a, par ailleurs, malencontreusement et maladroitement dans sa fuite perdu son téléphone portable qui donnera à la police tout un tas de renseignements et de traces d’ADN.

Que l’arracheur de montre puisse goûter son plaisir. Pendant quelques temps, qu’il ait plus ou moins de 50 ans, il pourra avoir l’impression, sa Richard Mille au poignet d’une valeur de plusieurs Rolex, d’avoir, dans ce monde idéalisé par Jacques Séguéla, réussi sa vie.

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