Comment se sortir de Notre-Dame-des-Landes ?

J’aimerais apporter ce matin un éclairage sur la question dans un processus macronien qui permettrait à la fois de satisfaire les opposants viscéraux  à l’aéroport et en même temps, ses défenseurs les plus passionnés. Ce n’est pas facile, j’en conviens. 

Quand on parle aéroport, il est indispensable de prendre de la hauteur, d’évoquer les pistes, notamment de réflexion. C’est ce que je me suis engagé à faire ce matin…

D’abord, j’ai pensé qu’il fallait aller à la source, interroger les origines de ce projet  qui fut envisagé dès 1963. La plupart de ceux qui ont initié cette idée au tout début de la cinquième République sont morts. Morts et enterrés. Certains cependant sont incinérés. Leurs cendres sont recueillies dans des urnes funéraires, comme si, leur forfait accompli, ils n’avaient pas voulu laisser de traces. 

Monsieur Bertouilleux, lui est toujours vivant. Il travaillait alors en tant que vice-conseiller auprès du directeur de cabinet du préfet de l’époque de la Loire Atlantique dans le cadre de la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale. C’est un homme très âgé aujourd’hui mais qui garde toute son acuité intellectuelle, vu que son premier travail le matin est de remplir les cases des sodokus et des mots croisés de Ouest-France, journal auquel il est abonné depuis février 1948. Monsieur Bertouilleux parle de façon sibylline et peut-être un peu énigmatique, sans doute à cause d’un devoir de réserve qu’il semble vouloir s’imposer. Il m’a déclaré tandis qu’il tentait d’ouvrir une brique individuelle de potage Marmite de bouillon agneau de la marque Knorr « Elle est bonne la soupe. » Monsieur Bertouilleux n’a pas souhaité aller au delà de cette confidence. J’avais en tête les mots de Georges Pompidou citant Paul Eluard « Comprenne qui voudra. »

Je suis également allé à la rencontre du campagnol amphibie qui a regretté de ne pas avoir été consulté personnellement. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes le fait fulminer. Il me faisait remarquer qu’il vivait pacifiquement au bord de la rivière, qu’il ne causait jamais aucun dommage aux parcelles agricoles et qu’il était menacé de disparition. 

« A quoi bon, m’interrogeait-il,  être inscrit sur la liste rouge des espèces vulnérables  de l’Union Internationale pour la Conservation de la nature si ceux qui travaillent à notre disparition obtiennent des dérogations ? » Le campagnol amphibie me demande par ailleurs de préciser qu’il n’a rien à voir avec le rat musqué avec qui il ne veut pas être confondu. Dont acte.

Monsieur Bertouilleux, le campagnol amphibie n’ont pas été mes seuls interlocuteurs. J’ai rencontré madame Vayssière, responsable des achats de timbres pour l’entreprise Vinci. « Le réaménagement de Nantes Atlantique, me disait-elle serait moins cher que la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes mais permettrait à Vinci d’obtenir une indemnisation conséquente tout en participant à la construction des nouveaux aménagements de l’ancien aéroport. » 

Je rappelle qu’en décembre 2010, Vinci a obtenu la conception, la construction, l’exploitation du futur aéroport pour une période de 55 ans. Ne serait-il pas raisonnable de patienter encore 48 ans afin de remettre le dossier à plat et d’envisager des solutions satisfaisantes à travers un certain nombre de consultations, études, missions de médiations avant une décision gouvernementale qui sera forcément très attendue ?

Le mieux est de laisser la conclusion à monsieur Bertouilleux qui vient d’ouvrir avec succès sa brique Knorr de Marmite de Bouillon Agneau « Elle est bonne la soupe. »

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