Je ne dis pas que mon métier est le plus désagréable du monde.

Chroniqueur à la radio une fois par semaine pendant trois minutes trente ne peut pas concurrencer en terme de pénibilité au travail « conducteurs d’engins du BTP », « métalliers », « ouvriers qualifiés des travaux public du béton et de l’extraction » ou « coiffeur de directrice de France Inter».

Je ne dis pas non plus que c’est le métier le mieux payé du monde mais il faut être juste et admettre avec honnêteté que ça laisse quand même pas mal de temps de libre si l’on considère qu’en gros, on embauche un jour  à 8h57 et à 9h pétantes on peut partir en week-end.

C’est pour ça que, personnellement, avec mes émoluments de France Inter, j’attends tranquillement l’âge de la retraite qui, normalement, ne devrait pas trop tarder à arriver et qui donc ne va pas fondamentalement bouleverser mon emploi du temps. 

Ce qui est bien aussi, c’est que globalement les gens ici sont plutôt gentils avec moi, voire souriants, quand ce n’est pas affables. Il n’est pas rare que Juliette Hackius par exemple qui est quand même l’assistante de Nicolas Demorand, donc soumise aux plus grands stress,  et qui, sûrement un jour sera appelé aux plus hautes fonctions, me propose,  très aimablement « François, puis-je vous proposer un petit café ? » Avec enthousiasme, je lui réponds « Oh oui, je veux bien, avec plaisir ! » Elle me demande (parce que jusqu’au bout, elle est soucieuse de ma satisfaction) « Vous voulez un sucre ? », je lui rétorque « Bien sûr que non, comment croyez-vous qu’après toutes ces années, j’ai réussi à conserver ce corps de rêve si ce n’était pas le résultat d’une attention sans cesse maintenue ? » « Oh, fait-elle, baissant les yeux, vous me faites rougir… »

Oui, l’ambiance est bonne à France Inter.

La semaine dernière, en plein direct,  devant ce même micro, je me suis aperçu que j’avais les doigts pleins d’encre à cause d’un stylo qui avait coulé, c’est vérifiable sur les écrans vidéo, même si je ne peux plus demander à la caméra de Gilbert Larriaga de faire un gros plan vu qu’il nous a quitté en début de mois et que j’en profite pour saluer la mémoire, Sonia Devillers, elle même, en personne, est allé chercher dans son sac, un mouchoir humecté afin que je me nettoie les mains.

Enfin tout ça pour vous dire que je ne me plains pas de mes conditions de travail et que, tant qu’être employé par Radio France, je préfère mon poste à celui de  responsable de la maintenance électronique, avec contrôle des sauvegardes, des licences anti-virus, système d’exploitations, mise à jour et sécurisations des données, vu que certainement, je maîtriserais moins bien le sujet.

Mais commenter l’actualité pour tenter de la rendre un peu moins lugubre ce n’est pas si facile. Par exemple, la montée des violences de toutes sortes, l’agressivité des beaufs ans la rue, sur les réseaux sociaux le harcèlement des bobeaufs, l’augmentation de 74% des actes antisémite en 2018, les boutiques juives tagguées, les croix gammées sur les portraits de Simone Veil ne me font rire qu’à moitié, et ne m’inspirent pas spécialement pour écrire des notations cocasses qui pourraient alléger l’ambiance. 

Bon, allez faut pas me plaindre, à la fin de ma phrase, j’aurai fini ma semaine.

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