Un parti change de nom parce qu'il a fait une mauvaise affaire. Une sorte d'histoire des dénominations politiques "pour les nuls" par François Morel, avec quelques conseils.

Depuis quelques années en France la plupart des partis ont changé de nom. 

« Pourquoi un parti change t’il de nom ? » me demande tacitement Sonia Devillers avec ce regard muettement autoritaire qui m’oblige à répondre. Eh bien, Sonia,  en général un parti change de nom parce qu’il a fait jusque là des mauvaises affaires. Oui, si une marque est bonne, on ne va pas s’amuser à changer de nom. Surtout que généralement quand elle change de nom, les clients continuent à se servir de l’ancien nom. Papa évoquait toujours le Printania, rue du 6 juin à Flers, « maman, y a plus trop de papier au cabinet, faudrait que tu passes à Printania » alors que c’était devenu un Prisunic depuis belle lurette. « Belle lurette » étant une expression qu’on utilisait du temps où il y avait encore des Printania.

A droite, le parti Les Républicains,  dans les années précédentes, avait pu s’appeler l’UMP, le RPR, l’UDR, l’UNR, les RS, l’URAS, le RPF. A chaque nouvelle tête de gondole, à chaque casserole, un coup de ripolin et hop, le parti devenait tout joli, tout beau. La différence entre le RPF du général de Gaulle et Les Républicains de Laurent Wauquiez, je résume, est que le général de Gaulle avait l’ambition de créer une nouvelle voie entre capitalisme et collectivisme tandis que Laurent Wauquiez trouve en gros qu’on embête trop les automobilistes et pas assez les migrants.

Les partis fascistes français comme le Parti Populaire Français de Jacques Doriot ou le Rassemblement National Populaire de Marcel Déat, pendant des années ont été un peu mis de côté car on a pensé que l’idée de la collaboration avec Adolph Hitler n’avait pas tenu toutes ses promesses et n’avait pas présenté que des aspects positifs. Suite aux millions de morts dont ils avaient été victimes, les juifs, on s’en souvient, avaient une tendance à systématiquement dénigrer le nazisme avec une sorte d’entêtement qui frisait parfois le parti pris.

Aujourd’hui que tout cela est de l’histoire ancienne, pourquoi ne pas reprendre les anciennes recettes puisqu’elles ont été si désastreuses ? 

Les partis politiques étant si déconsidérés, il est préférable de ne plus citer le mot « parti ». Au parti socialiste, on est embêté car on supprimerait bien « parti » mais « socialiste » n’a pas non plus une super côte, ce qui fait qu’on pourrait appeler ça le LDR ODG EDF DGQ MPL PRARA PEE DFM LPF CESM SNPCJ TCQ AEF, « le lieu de réunion où des gars et des filles de gauche quand même pour la plupart réfléchissent à revenir au pouvoir en essayant de faire mieux la prochaine fois c’est sûr mais sans non plus complétement jeter tout ce qui a été fait… »

Ou alors, prendre une expression positive, qui ne veut pas dire grand chose, mais qui donne l’illusion de la nouveauté.  N’importe quoi, ce que vous voulez : « En avant », « En selle », « A cheval ! », « Hardi petit », « Tout droit », « Droit devant ». « A toute vitesse », « A fond de train ».

Comme ça, si jamais une de ces expressions faisait florès, vous pourriez prendre le train. 

En marche.

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