Le Ministère de l’Intérieur s’interroge : comment répondre demain au mouvement des gilets jaunes ? Comment gérer la mobilisation citoyenne des automobilistes en colère ?

C’est très compliqué.

L’une des difficultés notamment est de savoir comment réagir face à un conducteur qui aura enfilé un gilet jaune parce que sa voiture sera réellement en panne et gênera involontairement la circulation ? Comment le différencier d’un conducteur qui aura enfilé un gilet jaune alors que sa voiture à lui fonctionne à merveille mais gênera volontairement la circulation ? 

Ce n’est pas facile.

Comment considérer un gilet jaune conducteur de dépanneuse en panne solidaire du mouvement qui sera de fait dans l’impossibilité de venir en aide à des voitures  En Marche ?

Comment un militant de En Marche mais immobilisé pourra s’opposer aux marcheurs opposés au mouvement de En Marche ?

Comment exprimer en marche une colère contre En Marche ?

Comment réagiront les policiers en service face à leurs collègues en congés qui participeront au mouvement des gilets jaunes ?

Avec quel mot faire rimer Ménard ? …

Oui en effet. Mais pas avec « mesuré » quand il compare les poilus de 14 ayant subis les pires conditions dans les tranchées avec des citoyens qui sans doute légitimement se battent pour leur pouvoir d’achat.

C’est très complexe.

Comment considérer avec sympathie le gilet jaune d’un ami avec celui d’un militant aux antipodes de vos convictions ?

Comment envisager un certain nombre de gilets jaunes sympathisant antipathiques ?

Comment ne pas saluer un gouvernement qui réussit le prodige de  réunir la société française toute entière,  de l’extrême gauche à l’extrême droite, même si c’est contre lui même ? 

Edouard Philippe a tenté de répondre de façon originale à toutes ces questions en injectant un mot nouveau dans le débat publique : le bololo. 

Je remarque que mon correcteur automatique ne connaît pas le mot bololo. Tout de suite, il me le souligne en rouge et me suggère de le remplacer par le mot « Borloo ». Je n’aime pas contredire mon correcteur automatique qui est assez susceptible mais je ne pense pas que ce soit une bonne solution. Le souvenir de la façon dont  Jean-Louis Borloo avait été jeté par le Président du temps de sa flamboyance jupitérienne n’est peut-être pas bonne à rappeler au moment où il tente de faire profil bas, voire profil modeste, ce qui, certainement, doit lui demander énormément d’effort. 

Le bololo est-il le mot qu’il fallait employer ? Il semblerait que Laurent Wauquiez dont le surnom a justement été « beau Laulau » auprès de ses admiratrices a pris ce mot pour lui alors que le gilet jaune sur une parka rouge n’est pas particulièrement seyant.

Le bololo tirerait son origine d’un quartier délabré de N’Djamena, la capitale du Tchad.

A Marseille, dans un quartier délabré, 8 personnes sont mortes sous les décombres d’un immeuble écroulé. Le maire n’a pas l’intention de  démissionner. Les vrais fouteurs de bololo ne sont pas forcément ceux qu’on croit.

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