Théâtre, Christophe, confinement, tendresse de Bourvil. Le changement c'est vraiment maintenant. Plus une seule de salle de théâtre ouverte ! Mais où vont aller les gens qui toussent ? Au moment où nous en avons le plus besoin les théâtre sont fermés... Et que vont devenir les comédiens ? Les pensées de François Morel.

A quoi tu penses ? 

A rien. Je pensais juste ; François Hollande, c'est un visionnaire :"Le changement, c'est maintenant". Il l'a dit juste un peu en avance. Le changement, c'est vraiment maintenant. Ne plus avoir le droit d'aller dîner chez des copains, d'aller au restaurant ou au théâtre, se demander même si, à l'automne, on pourra y retourner. 

Ça, c'est un vrai changement dans nos têtes, dans nos habitudes

Plus une seule salle de spectacles ouverte, tu te rends compte ! Jusque là, tous ces gens qui toussaient, ils allaient au théâtre. Si les théâtres sont fermés, où vont-ils aller tousser ? 

Et puis je pensais c'est curieux tous ces théâtres fermés alors que depuis la tragédie grecque, c'est à dire plusieurs semaines encore avant l'arrivée de Roselyne Bachelot sur Terre, c'est là que les masques étaient en plus grand nombre. 

A quoi tu penses ? À rien

Je pensais qu'on disait que sous l'Occupation allemande, les théâtres n'avaient jamais été aussi pleins. Sous l'occupation virale, les théâtres n'auront jamais été aussi vides. Je me disais aussi que dans les périodes tragiques, le théâtre, c'est le moment où il devrait être le plus utile, le plus indispensable que jamais. Où mieux, qu'au théâtre partager nos incertitudes, crier nos colères, consoler nos douleurs, pleurer nos morts. Je me disais que lorsque le confinement sera fini, il faudrait quand même retrouver des occasions de se réunir. Je pensais aussi à quoi ça sert un comédien quand il n'est pas sur scène, à apprendre des textes qu'il ne dira jamais, à répéter des scènes qui ne seront jamais jouées ? 

A quoi tu penses ? A rien 

Non, je pensais juste. C'est marrant, les gens, Chris Esquerre par exemple, qui, de tous les humoristes de France Inter, est peut-être celui qui est le moins dépendant de l'actualité. Ce n'est pas celui qui est le moins touché. 

Il m'écrit dans un mail : "C'est bizarre, je m'attendais à perdre l'odorat ou le goût. Je suis en train de perdre le goût des chroniques, mais c'est transitoire, paraît-il. J'ai bon espoir qu'on puisse revenir en studio pour quelques dernières en juin."

Si j'osais, je profiterai bien de parler dans le poste pour dire à Chris Esquerre que je souhaite vraiment que ce soit transitoire parce que la perspective de le réentendre fait partie des petits bonheurs de la vie auxquels on tient.

A quoi tu penses ?

J'ai pensé aux Mots bleus, aux "mots qu'on dit avec des yeux", avec la voix aussi. 

Je pensais à tous ceux qui sont seuls, confinés, qui pourtant font des chœurs chacun chez soi. Mousquetaires du confinement. Je pensais à cette chanson si belle, si simple que chantait Bourvil et Marie Laforêt, écrite par Hubert Giraud et Noël Roux, et qu'on peut redécouvrir sur la toile, très joliment réinterprété par Valentin Vandoeuvre, Marjolaine Piémonts, Aurélien Merle, Gauvain Sers, Sophie Le Cam et tous les autres.

À quoi tu penses ? À rien ? À toi, à nous ? Je t'aime.  

La Tendresse, la chanson de Bourvil : 

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