Là-bas, regarde bien, si proche et si lointaine, cette lueur qui apparaît…

Regarde bien, là-bas, à l’horizon, cette clarté dans l’obscurité, cet éclat dans la noirceur, cette lumière dans l’opacité. Oui, regarde bien, comment en France renaît l’espoir ! Observe combien le courage est payant, remarque comment la détermination peut apporter les fruits du renouveau ! Parmi le marasme des nouvelles anxiogènes et désespérantes, vois ce rayon de confiance et de foi qui tout d’un coup surgit et va sur chacun  se poser afin d’apporter le réchauffant confort de la consolation. 

On la croyait malade cette société  sans perspective, on la craignait exsangue, anémique, à bout de souffle mais voici que l’espérance renait à la Rochefoucauld, dans le pays d’Horte et Tardoire, puisque la Charentaise de Charente n’est pas morte, puisque la Charentaise de Charente va revivre !

Non, je ne parle pas de l’avenir de Ségolène Royal, je parle des chaussons que madame Royal,  prochainement convoquée par deux députés UDI, LREM au sujet de son rôle d’ambassadrice des pôles, va enfin pouvoir enfiler. (Je parle des chaussons, pas des deux députés UDI, LREM).

La Charentaise de Charente n’est pas morte, la Charentaise de Charente va revivre ! Un mois après la liquidation judiciaire de la société « La Manufacture Charentaise », deux anciens cadres, Michel Violleau et  Olivier Rondinaud, petit-fils du fondateur, ont pris leur courage à quatre mains afin de perpétrer le savoir-faire traditionnel du cousu-retourné. Gloire à Violleau et Rondineau !

Car le cousu-retourné devrait être inscrit au patrimoine de l’UNESCO !

La Charentaise de Charente n’est pas morte, la Charentaise de Charente va revivre et demain, dès le mois de mars exactement, la première production de la nouvelle entreprise de la Rochefoucauld va sortir, pile au moment où de nombreux candidats aux mairies de France rejetés par les électeurs pourront enfin les enfiler. Je parle des charentaises, pas des électeurs.

La Charentaise de Charente n’est pas morte, la Charentaise de Charente va revivre et c’est une nouvelle merveilleuse  pour tous ceux qui le soir, après une journée de labeur ou de grève ou de négociations ou de manifestations, ou de déplacements contraints, à pieds,  dans les rues de Paris, bouchonnées, surpeuplées, tendues, vont enfin pouvoir retirer leurs chaussures usées, fatiguées, salies, et jouir de leurs charentaises car la Charentaise de Charente réunit tous les contraires, rassemble tous les opposants, dépasse toutes les discordes et tous les désaccords. Chacun a besoin de réconfort. Chacun a besoin de la douce chaleur d’une paire de charentaise qui est symbole d’intimité et de sérénité et de lâcher prise car la Charente de Charentaise dépasse tous les clivages, met tout le monde d’accord.

Le soir, tous les anonymes favorables ou non à la réforme des retraites, le soir tous les acteurs de cette séquence sociale que vit douloureusement notre pays, le soir, Edouard Philippe et Philippe Martinez et Laurent  Berger retirent comme un seul homme leurs pompes  épuisées pour laisser leurs doigts de pieds se mouvoir librement dans la chaleur attendrissante d’une paire de charentaises et peut-être tous les trois, les pieds à l’aise, un verre de whisky à la main, vont pouvoir s’enfiler (le verre de whisky, pas tous les trois).

La Charentaise de Charente n’est pas morte. La Charentaise de Charente va revivre.

L'équipe
Thèmes associés
(Ré)écouter Le Billet de François Morel
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.