L’histoire des caricatures qui avait enflammé les esprits était heureusement devenue de l’histoire ancienne.

Elle s’était résolue notamment grâce à l’interdiction des caricatures insultantes. Les caricatures avaient naturellement droit de cité mais elles se devaient respectueuses.

Certains esprits forts moquèrent un oxymoron qu’ils trouvèrent hypocrite. Une caricature respectueuse, c’était aussi crédible qu’une tendre fatwa, un terroriste exquis, une sympatoche décapitation. Heureusement, la voix de la raison fut entendue. 

Charlie Hebdo,  Le Canard Enchaîné et Siné Mensuel notamment purent continuer de paraître mais sous certaines conditions. Le CRLS, Comité de Régulation de La liberté Satirique composé de différents mandataires institutionnels ainsi que des représentants des principales religions surveillaient la liberté forcément irréfléchie de ces aimables mais inconscients artistes qu’étaient les dessinateurs de presse. 

Chaque année, à l’Elysée, une grande fête était organisée au cours de laquelle le Chef de l’Etat, dans une ambiance bon enfant,  venait saluer les caricaturistes en morigénant dans un grand sourire celui qui lui avait rendu le nez un peu trop long, cet autre qui avait exagérément  épaissi ses sourcils.

La situation aurait été parfaitement apaisée s’il n’y avait eu cette vague d’attentats liée à la mini-jupe qui pour certains était considérée comme une insulte insupportable à leur croyance et à leur Dieu.

De nombreux responsables politiques, de gauche ou de droite, montèrent au créneau pour éteindre l’incendie et mettre en avant la notion de  déshabillé couvert, de sexy pudique. La mini-jupe avait tout à fait le droit d’être portée même dans la sphère publique, (bien sûr !, qui serait assez fou pour l’interdire !) mais à condition qu’elle fut portée nettement au-dessous du genoux, idéalement jusqu’à l’extrémité des doigts de pieds qui n’étaient pas, quand ils étaient à découverts, et si vous êtes honnêtes, vous en conviendrez, dénués de charge fortement érotique. 

Quand la mini-jupe allongée fut la seule tenue acceptée pour les femmes, on crut, à tort, que le temps de la tranquillité était venu. Au collège Samuel Paty, un scandale éclata quand un cours de SVT consacré à  Charles Darwin fut interrompu par des élèves qui, accompagnés de leurs parents, jugèrent indigne que l’école de la République mette en avant une théorie qui allait à l’encontre de ce que leur apprenait leur légitime croyance.

Beaucoup de responsables politiques, (heureusement qu’ils étaient là), montèrent au créneau pour expliquer que ce n’était pas l’heure d’envenimer la situation, que l’on pouvait très bien parler de biologie, de géologie, de tout ce qui avait un lien avec le monde vivant, la terre et la nature sans forcément évoquer le père du Darwinisme ! 

Une fois de plus, on salua le bon sens général et chacun convint par ailleurs que le programme scolaire, déjà suffisamment chargé n’avait pas besoin de s’encombrer de notions si sujettes à caution.

C’est ainsi que s’arrêta cette chronique, de façon provisoire.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.