En ce vendredi 22 juin 2018, je voudrais rendre hommage à une émission d’humour et de divertissement qui a fait les plus belles heures de Canal Plus et de son esprit.

L’esprit canal est devenu injustement synonyme d’esprit branchouille, parisien et arrogant quand il a été aussi un souffle d’invention, de jeunesse et de fantaisie né à la fin du siècle dernier. Souvenez vous de tous ceux qui, pendant des années nous ont fait rire, notamment Antoine de Caunes, José Garcia, Jean-Yves Lafesse, Jackie Berroyer, Yolande Moreau, Nadine Morano.

Oui, en ce vendredi 22 juin 2018, je voudrais saluer cette émission espiègle, insolente, subversive, irrévérencieuse et qui a réussi pendant plus de 25 ans à passer entre les gouttes de la censure, de l’interdiction, de la pétrification, du cynisme, de la gravité  et de l’esprit de sérieux, je veux naturellement parler de Groland. 

Groland et  sa  Présipauté  ont survécu à tout, à François Mitterrand, au Bi-Bop, aux Nuls, aux Deschiens, aux essais nucléaires sur Mururoa, à André Rousselet, à Alain de Greef, au Concorde, à Johnny Hallyday, à la boîte à coucous, aux majorettes datant du crétacé inférieur, à Pierre Bellemare qui avec un documentaire fêta il n’y a pas si longtemps le vingt-cinquième anniversaire de l’émission, à Mamie Quéquette,  à son président, l’inmourable et pourtant mort mais cependant président pour l’éternité, l’immense et poétique Christophe Salengro.

Oui, bien sûr, forcément, qu’en ce vendredi 22 juin 2018, je voudrais porter un témoignage de respect, de laïque piété à l’expression de cet esprit si frondeur, si français qui subsistera même, eh oui, tiens, pendant que j’y pense  aux Guignols définitivement morts aujourd’hui même,  mais enterrés depuis plusieurs mois par l’homme d’affaires et fossoyeur Vincent Bolloré qui, apprend-on cette semaine,  par complaisante obscénité , après avoir obtenu celles de toutes les autres aurait réclamé la tête de sa propre marionnette avant de l’exposer dans son salon breton comme un trophée de guerre, une guerre d’usure, dépouillant l’ennemi de tout ce qui faisait sa force et sa richesse, le vidant de sa sève, de sa substance, changeant son équipe, son esprit, bradant son âme, à tel point que le jour de sa mort, plus personne n’est là pour le regretter, pour le pleurer. 

Mort des Guignol mais survie (jusqu’à quand ?) de Groland…

Souvenons nous à jamais des trois principes de la Présipauté « Joie, hospitalité, lâcheté ». 

Souvenons-nous de ses devises « Santé Bonne heure ! Santé Bonne humeur ! », « Groland, je mourrirai pour toi » et souhaitons donc une aussi longue vie que, ben oui, tiens, pendant que j’y pense, au Guignol, le Guignol des Champs Elysées situé dans les Jardins Marigny et qui célèbrera demain et après-demain,  entre 11h à 23h son deux-centième anniversaire ! 

Allons courage, le plaisir de l’insolence n’est peut-être pas tout à fait mort ! 

A ciao bonjour.

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Les Guignols de l'info en 2010 © AFP / BERTRAND GUAY
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