Grande nouveauté dans les théâtres parisiens, l'apparition de la publicité... ce qui réjouit François Morel

Parmi les nouveautés de la rentrée, j’ai noté avec satisfaction cette année l'apparition de la publicité dans 17 théâtres privés parisiens. C’est mademoiselle Rossigneux Brigitte, de son prénom et de Paris qui attire mon attention sur cette nouveauté qui naturellement la réjouit et m’enthousiasme également. Il va bien sûr se trouver des bobos, on me signale que certains auditeurs de France Inter fanatiques des éditoriaux orientés de monsieur Thomas Legrand, entreraient dans cette catégorie, pour critiquer l’arrivée de la réclame chez Molière. Laissons les dans leur auto confort élitaire et passéiste et préférons vivre avec notre temps…

La publicité au théâtre, pourquoi pas ?

Pourquoi la publicité, déjà présente dans nos rues, nos écrans, nos radios, nos couloirs de métro, nos cinémas, quelquefois nos ciels bleus ne pourrait elle pas faire son entrée au théâtre ? Mesdames et messieurs du théâtre, vous croyez vous donc si supérieurs au reste de l’humanité? Il ne s’agit pas bien sûr de faire n’importe quoi. Il faut trouver une adéquation entre les produits et les œuvres théâtrales.

Vous présentez La Cerisaie de Tchékhov, profitez-en pour mettre en avant les produits de la marque Bonne Maman qui propose à 2€52chez Monoprix le pot de confiture griotte de 370 g.

L’éloge du Tabac du même Tchékhov est à l’affiche. Demandez à Philippe Morriss de faire le spot. Ou si vous préférez à La ligue contre le cancer.

Vous programmez La Ménagerie de Verre de Tennessee Williams, très bien ! Dans ce cas là, il ne sera pas du tout déplacé d’entendre en préambule « Carglass répare, Carglass répare ! » D’autant qu’en localisant parmi plus de 400 centres Carglass pour rapidement intervenir sur les bris de glace, le centre Carglass le plus proche du théâtre pourra très bien intervenir afin d’assurer la réparation ou le remplacement d’un pare-brise, d’une glace latérale et d’une lunette arrière tandis que le spectateur arrivé juste avant les trois coups et peu après un accrochage sur le périphérique dans la panique et la contrariété la plus vive pourra tranquillement assister aux atermoiements divers d’une famille encore plus neurasthénique et exaspérée que la sienne.

La publicité pourrait même donner un éclairage nouveau au texte théâtral en injectant des publicités au milieu des répliques.

Molière, Le Malade Imaginaire.

Vous avez appétit à ce que vous mangez?

Oui, monsieur.

Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin.

Oui, monsieur.

Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir?

Oui, monsieur.

Le poumon, le poumon, vous dis-je.

Pour vos radiothérapies, n’hésitez plus ! Faites confiance à Siemens, Siemens, le roi de l’imagerie médicale !

Racine Le Songe d’Athalie

Et moi je lui tendais les mains pour l'embrasser,

Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange

D'os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,

Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux

Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.

Steak Haché Bigard le meilleur du bœuf !

Théâtres municipaux, nationaux, prenez en de la graine ! Plutôt que de vous plaindre continument de la baisse de vos subventions, faites preuve d’un peu d’esprit de débrouillardise et d’imagination en appelant à la rescousse la publicité, ne vous en déplaise monsieur Legrand !

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