François Morel lui écrit une petite lettre afin de lui souhaiter un bon voyage.

Cher Thomas Pesquet, 

J’espère que vous n’avez pas été trop déçu d’avoir été obligé de retarder votre départ de vingt-quatre heures, mais ce sont des choses qui arrivent. C’est pas grave. Moi-même, le mois dernier je suis allé sur l’ile de Sein (dans le Finistère) avec des copains et à cause du mauvais temps, pareil, on a été obligé de décaler le départ vu que le bateau de Douarnenez avait été annulé. On en a profité pour aller jusqu’à la pointe du Raz. Il y avait du vent mais aussi du soleil et j’espère que hier, vous aussi, vous avez pu en profiter pour faire un peu de tourisme. Surtout qu’en Floride il doit bien y avoir aussi des jolis coins à visiter. 

Vous allez donc rester six mois dans une capsule et personnellement j’ai déjà passé une heure, bloqué dans un ascenseur et c’était déjà une heure de trop.

Même si ça me fait une anecdote incroyable à raconter. J’avais rendez-vous avec Anne-Marie Miéville qui est cinéaste, et par ailleurs la compagne de Jean-Luc Godard.

Entre deux étages, l’ascenseur s’est bloqué et Anne-Marie Miéville, en attendant le dépanneur de chez Otis, par solidarité, est venue me parler dans la cage d’escalier pour évoquer le rôle qu’elle pensait me confier et aussi pour que je ne sois pas trop angoissé. L’ascenseur avait une glace opaque et à un moment donné, j’ai aperçu la silhouette de Jean-Luc Godard, qui, attentionné et craignant que sa compagne ne prenne froid dans l’escalier non chauffé de l’immeuble, a déposé un châle sur les épaules d’Anne-Marie Miéville. Je voulais vous raconter cette anecdote parce que en restant pas très loin de chez soi on peut vivre des évènements tout à fait extraordinaires. Le rôle, par ailleurs, je ne l’ai pas obtenu car quand je suis sorti de l’ascenseur, Anne-Marie Miéville m’a dit que j’étais bien trop jeune pour jouer le personnage auquel elle avait pensé. Ça m’a un peu déçu mais vaut toujours mieux être trop jeune que trop vieux.

Voilà. Finalement cette expérience m’a montré que j’étais moins claustrophobe que ce que je croyais. Et j’espère qu’il en est de même pour vous.

De toute façon, on ne peut pas vraiment comparer mon passage dans l’ascenseur d’Anne-Marie Miéville et votre séjour dans la station spatiale, vu  que vous êtes quatre à partir et que si vous vous ennuyez, vous pourrez toujours faire une petite belotte et qu’en plus de ça, pendant votre périple à quatre reprises vous allez pouvoir sortir de la capsule afin de vous dégourdir les jambes sans être obligé d’attendre un dépanneur de chez Otis.

A propos, un petit conseil, renseignez-vous afin de savoir si votre lieu d’atterrissage dans six mois sera bien le même que votre point de décollage, je vous dis ça parce que pour l’île de Sein, on a embarqué à Douarnenez comme je vous le disais mais on a débarqué à Audierne. Heureusement, il y avait une navette pour nous ramener à Douarnenez. J’espère que si vous êtes affronté à ce même genre de problèmes, la NASA sera aussi bien organisée que la Compagnie maritime Penn Ar Bed.

Bon voyage Thomas, donnez-nous de vos nouvelles, faites-nous des belles photos. A l’occasion, je vous montrerai celles que j’ai faite sur l’ile de Sein.

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