Parfois, on entend une musique le matin. Une chanson populaire, un vieux succès, un air connu. Celui là par exemple…

François Morel
François Morel © AFP / Joël Saget

Extrait Boléro de Ravel

Et toute la journée, vous l’avez en tête. Vous conduisez votre voiture, vous vous brossez les dents, vous prenez une douche, vous montez l’escalier, vous prenez l’ascenseur, vous allez à la machine à café, et tout le temps vous avez cet air en tête. Vous ne pouvez pas vous empêcher de le fredonner, de le siffloter, de le chantonner…

Devant la machine, votre collègue vous demande

Tu connaîtrais pas d’autres airs que le Boléro de Ravel ? 

Vous dites

  • C’est vrai, je l’ai en tête depuis 9 heures ce matin, c’est à cause de Morel, tu l’as pas écouté sur France inter… 
  • Ah sûrement pas, c’est un ramassis de gauchistes, répond Jean-Claude, votre collège droitier, tu me feras jamais écouter France Inter ! 
  • Pour une fois, je suis d’accord avec toi, remarque Bernard, le collègue Insoumis qui, arrive à la machine et qui n’a entendu que la dernière phrase. France Inter, c’est rien que des sociaux-traîtres, valets du capitalisme et du pouvoir en place. 
  • Moi, en même temps, dit Josyane, je trouve que ça reste une bonne radio, et puis Patrick Cohen ça reste un bon journaliste même si parfois il a la dent dure . 

Josyane énerve tout le monde. Elle est macroniste de la première heure et ne met pas forcément ses fiches à jour très régulièrement. N’empêche que toute la journée, comme Jean-Claude, Bernard, Josyane, vous ne pourrez pas vous empêcher de siffloter cet air. 

Même le stagiaire, qui d’habitude, ne s’intéresse pas trop à la musique de vieux va demander 

  • c’est qui déjà qu’a écrit le Boléro de Ravel ? 
  • Cherche sur Wikipédia Ducon, je suis pas musicologue. 

Ça c’est la version symphonique du temps où on pouvait se payer tout un orchestre.

Aujourd’hui, par temps de disette, on peut se rabattre sur des versions simplifiées

Extrait à la guitare…         

Extrait à la trompette    

Extrait à la flûte ténor         

Extrait à l’harmonica …   

Si j’évoque Le Boléro, ce n’est pas, vous vous en doutez, par hasard. C’est qu’il est dans l’actualité. Le Boléro, interprété récemment à l’occasion du centenaire de l’Armistice, est tombé dans le domaine public depuis le 1er mai 2016. Hier, on a fêté les 90 ans de sa création.

Des ayants-droits font tout pour récupérer les droits, les héritiers d’Alexandre Nikolaievitch Benois qui n’était pas tellement musicien mais décorateur mais qui a l’avantage de n’être mort qu’en 1960, ce qui permettrait de repousser l’entrée dans le domaine public jusqu’en 2039. Si on pouvait dire qu’il était aussi un petit peu coauteur du Boléro ça arrangerait bien Évelyne et Jean-Manuel, héritiers de Ravel, installés en Suisse, et qui ont un lien très direct avec le compositeur vu qu’Evelyne est la fille de l’épouse en seconde noce de l’ex-mari de la masseuse du frère de Ravel. 

Je pense quand même que le mieux ce serait de leur faire comprendre que ce ne serait pas si grave de ne plus  toucher ces droits pour quelques années supplémentaires. Il y a tellement autre chose à faire dans la vie que de toucher des droits même si bien sûr on les mérite en tant que fille de l’épouse en seconde noce de l’ex-mari de la masseuse du frère de Ravel. Par exemple, ils pourraient se mettre à travailler le Boléro à l’accordéon. 

Le musicien qui le joue et a diffusé son interprétation sur Youtube précise que c’est joué d’oreille. 

Extrait à l'accordéon

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