Quand on est mort, c’est pour la vie. Sauf quand on est poète. Cette année, on fête les 100 ans de Boris Vian.

Boris Vian derrière le micro lors de l'enregistrement de l'émission radiophonique "Bonsoir l'Europe, ici Paris"
Boris Vian derrière le micro lors de l'enregistrement de l'émission radiophonique "Bonsoir l'Europe, ici Paris" © AFP / Louis Joyeux / Ina

Bon anniversaire Boris Vian. Trente neuf ans à épuiser un cœur trop fragile et soixante et un ans à faire vibrionner un cœur vaillant parmi les anges éternels de la musique et de la chanson et de la littérature.

Enlevé, comme on dit,  à l’affection des siens en juin 1959 mais toujours présent dans le cœur des lecteurs qui lui gardent un attachement éternel, Boris Vian est tellement vivant que certains ont cru voir son sosie dans le visage du Président de la République. Moi, ça ne me saute pas aux yeux. Comme on ne peut pas imaginer un vieux Jésus, disparu crucifié à 33 ans, on ne peut pas concevoir un Vian vieillissant, mort au ciné à 39 ans.

Boris, à propos,  sort un nouveau livre. 

Commencé au début des années 50 pour la « Série Noire » de Georges Duhamel mais jamais fini. Boris avait écrit les 4 premiers chapitres puis était passé à autre chose, une chanson, un opéra, une invention, un article sur Duke Ellington, un air de trompinette. 

Commencé, jamais fini, le livre sort chez Fayard. Ce mois ci. On n’y échappe pas. C’est le titre. Des copains de Boris qu’il ne connaissait pas de son vivant lui ont prêté main forte de son mourant. Attention, Il y a quand même plus de Boris Vian dans son libre inachevé que d’écrit d’homme politique ou de footballeur dans n’importe quel livre signé par un homme politique ou un footballeur.

L’esprit de Boris, libre et libertaire traverse le livre.

On n’y échappe pas. 

Couverture de Clémentine Mélois. 18 euros TTC prix France. Editions Fayard. Arthème Fayard précisément. Je signale à propos que demain, samedi 25 janvier, est la fête des Arthème. N’oubliez pas de souhaiter sa fête à Arthème si vous en avez un dans vos relations car c’est une rareté. Depuis 1940, aucun enfant en France n’a été prénommé Arthème. Existe t’il un seul auditeur prénommé Arthème ? On n’en sait rien. Si c’est le cas, merci de nous le faire savoir. Il s’agirait d’une personne qui aurait entre 80 et 120 ans puisque le prénom Arthème a été donné à 60 enfants entre 1900 et 1940 et depuis plus rien. Ce qui est  dommage car les Arthème ont la réputation d’être disponibles et intelligents, capables de faire preuve d’abstraction.

Bonne fête aux Arthème et bon anniversaire à Boris Vian qui a toujours bon pied, bon œil vu qu’avec ses nouveaux amis de l’Oulipo, on n’y échappe pas, il sort un livre avec des meurtres, un assassin, une main artificielle et des histoires d’amour. 

Quand on aime on a toujours 100 ans.

Machine à écrire dans la maison de Boris Vian (qui ouvre ses portes aux touristes, au nord de Paris depuis octobre 2019)
Machine à écrire dans la maison de Boris Vian (qui ouvre ses portes aux touristes, au nord de Paris depuis octobre 2019) © AFP / Christophe ARCHAMBAULT
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