On reproche au personnel politique de peu se renouveler. Alain Juppé, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen sont en haut de l’affiche depuis tellement de temps que les meilleurs espoirs masculins et féminins frisent aujourd’hui la cinquantaine bien tapée. Au cinéma, c’est pareil, ce sont toujours les mêmes.C’est pourquoi je voudrais attirer votre attention ce matin sur quelques nouvelles figures qu’il faudrait mettre en avant lors des prochaines tombolas artistiques. Ainsi, Serge Klur tient le premier rôle masculin dans le film « Merci Patron » de François Ruffin. Il joue admirablement un père de famille anciennement employé d’une société de confection industrielle, filiale du groupe LVMH. Je ne sais pas si Serge Klur a fait le conservatoire, s’il a pris des cours chez Blanche Salan ou Jean-Laurent Cochet, s’il a plutôt suivi la méthode Stanislavski ou Strasberg mais dans le rôle de cet homme du peuple, qui a perdu son emploi après que son entreprise a été délocalisée en Pologne, ouvrier au bout du rouleau, prêt à mettre le feu à sa maison dont il n’arrive pas à payer les traites, Serge Klur est quasiment aussi crédible que Vincent Lindon. Ainsi, Jocelyne Klur qui joue, dans le film « Merci Patron » de François Ruffin, le rôle de Jocelyne Klur pourrait concourir l’an prochain pour le titre de meilleure actrice. Ancienne ouvrière du textile, elle raconte ses difficultés pour nourrir sa famille, pour se chauffer, pour faire tourner sa maison avec 400 euros par mois. L’année prochaine, ce serait juste de la retrouver en compétition face à Catherine Deneuve, Catherine Frot et Isabelle Huppert.Il ne faudrait pas oublier les seconds rôles.Bernard Arnault pour la première fois au cinéma tire habilement son épingle du jeu en endossant le rôle d’un patron sans scrupules mais extrêmement soucieux de son image. Il est lui aussi extrêmement crédible dans son rôle, faussement simple, artificiellement proche lors d’une assemblée générale des actionnaires, patelin à souhait. C’est un bonheur. Lui, pourrait se retrouver en rivalité avec d’autres seconds rôles du même film qui sont également formidables, notamment un ex-commissaire des renseignements généraux qui vient négocier le silence des Klur avec une condescendance et une façon de les prendre pour des imbéciles qui n’est pas sans évoquer l’un des premiers chefs d’œuvre du cinéma burlesque, L’Arroseur Arrosé.Le film « Merci Patron » pourrait quant à lui, concourir dans la catégorie « Meilleur film », François Ruffin, dans celles de « meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur espoir masculin, meilleur scénario original, meilleur documentaire et même meilleur film étranger tant ce film en effet est tellement étranger au reste de la production cinématographique habituelle.Non seulement Merci Patron dure 1H24, est sorti mercredi dernier, se trouve dans les meilleurs cinémas de France mais permet encore de rappeler un succès des Charlots qui date de 1971 écrit et composé par Gérard Bergman et Luis Rego.

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