Dernière chronique avant l’été.

J’ai reçu, justement, pas plus tard qu’hier un appel de Laurence Bloch qui m’a posé une question, tout à trac et que je vous livre comme elle me l’a formulée : « est-ce que tu viens pour les vacances ? »

On entend le tube de David et Jonathan jusqu’au bout. 

Alors, bon, Laurence, je la connais depuis longtemps. Je crois me souvenir que quand je l’ai connue, elle avait les cheveux blonds, un crocodile sur son blouson. On s’est connu comme ça, au soleil, au même endroit.

Et, c’est amusant parce que justement je m’étais fait la réflexion à l’époque qu’elle avait des yeux d’enfants et j’ajouterais des yeux couleur de l’océan. Je ne sais pas si elle s’en souviendra, moi, pour faire le malin, je chantais en italien. C’est alors qu’elle m’avait posé cette question pour la première fois : est-ce que tu viens pour les vacances ? Laurence m’avait par ailleurs signalé qu’elle n’avait  pas changé d’adresse et qu’elle serait, un peu en avance, au rendez-vous de nos promesses.

Alors, Laurence, c’est vieux tout ça,  je ne sais pas exactement ce qu’on s’était promis, mais ce dont je me souviens, c’est que les nuits d’hiver où j’avais froid, j’étais un goéland en exil de sentiments. Et croyez-moi si vous voulez, faites-en l’expérience à l’occasion, mais ce n’est pas spécialement évident à vivre qu’être un goéland en exil de sentiments. Déjà une vie de goéland, dans l’ensemble, il faut être juste, c’est pas spécialement folichon. Il  faut vraiment apprécier le plein air, il ne faut pas avoir peur de tout ce qui est embruns…  Il  faut accepter de se nourrir parfois de charognes, quand même, faut le savoir… Faut pas non plus craindre l’humidité et les courants d’air. C’est une chose. Alors bon, tout ça, plus un exil de sentiments, il faut quand même avoir un super mental…

Mais enfin, je m’égare car la question qui se pose et qui dépasse notre simple relation, Laurence,  c’est « est-ce que tu viens pour les vacances ? »

Alors, bon, je pense que non… Laurence, je crois c’est mieux de prendre un peu de distance. Je ne viendrai pas pour les vacances. On réfléchit à notre relation et dès septembre on voit comment on négocie avec l’avenir.

Alors je ne voudrais pas partir et quitter l’antenne sans effectuer ce que, Laurence,  tu appelles si joliment un « rendez-vous de nos promesses ».

Je veux bien faire la promesse, Laurence que, à partir de septembre prochain, j’aurais recours le moins possible à ce procédé lamentable et somme toute indigne qui consiste pendant toute une chronique à utiliser une musique moins caractérisée par sa subtilité que par sa capacité à entrer dans la tête de toutes celles et tous ceux  qui l’écoutent et qui de toute la journée n’arriveront pas à s’en débarrasser au point que ça peut devenir pénible. Voilà. 

Promesse faite publiquement. Bonnes vacances quand même.

  • Légende du visuel principal: "Est-ce que tu viens pour les vacances ?" : François Morel est taquin © Radio France / capture d'écran
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