Cette semaine, une partie de la France est partie en vacances.

Pour certains vacanciers, c’est l’occasion de lire. Par exemple, un livre policier, le dernier Joël Dicker, pourquoi pas ?  La disparition de Stéphanie Mailer .

Si vous l’avez déjà acheté, j’espère pour vous que vous ne vous êtes pas précipité dessus dès sa sortie et que vous n’êtes pas tombé sur l’un des 300.000 exemplaires de la première impression du livre où une erreur apparaît page 626, ligne 2, concernant le nom du meurtrier qui n’est pas le bon. Ce qui fait que le lecteur est comme une poule devant un Opinel page 626, ligne 2. Parce que quand vous vous tapez 2 lignes plus 626 pages pour qu’on vous trompe sur l’identité de l’assassin, c’est quand même un petit peu ballot… 

Donc, si vous n’avez pas encore acheté le livre, demandez bien à votre libraire qu’il ne s’agit pas de la première impression du livre. 

Les Editions de Fallois ne se sont pas gênés, ils  ont écoulé les 300 000 premiers exemplaires, n’ont pas prévenu les libraires qui sont quand même les premiers contacts des lecteurs et se sont juste fendu d’un discret erratum sur leur site en bas de l’article consacré au dernier livre de Joël Dicker. 

Le patron des éditions de Fallois répond à la critique en sollicitant Marcel Proust et les inadvertances célèbres de la littérature « Proust ne décrit-il pas dans La Prisonnière la mort de Bergotte qui renaît de ses cendres un peu plus loin ? »

Certes, mais l’importance du dénouement de l’histoire chez l’un et les méandres du style et de la mémoire chez l’autre font que Joël Dicker et Marcel Proust sont des écrivains qu’il n’est pas si difficile de différencier même quand on n’est pas détenteur d’un Master en littérature comparée. 

« La disparition du correcteur. » Ça pourrait être le titre d’un thriller. Précarisé, uberisé, le correcteur est l’objet d’une traque infernale. Une sordide histoire d’argent, un assassinat programmé, assumé, délibéré qui ferait que l’intérêt de la lecture ne serait plus de découvrir l’identité de l’assassin mais de s’amuser à débusquer toutes les fautes, erreurs, bévues qui jalonneraient le récit suite à la disparition du correcteur. 

Il y a peu, figurez-vous,, j’ai pris une semaine de vacances et j’en ai profité pour lire le livre de Philippe Lançon Le lambeau . Du point de vue de l’énigme policière, c’est nul, archi-nul. On comprend quasiment dès le début, qui sont les meurtriers. Aucun suspens. 

A part ça, c’est un livre magnifique, curieusement doux, consolateur où Bach, Chloë la chirurgienne, Proust justement qu’on aurait tort de confondre avec Joël Dicker, apparaissent comme des médecins du corps et de l’esprit.

Récemment, j’entendais le subtil Vincent Delerm, trouver idiote cette mode langagière qui consistait à dire « c’est une tuerie ! »  pour parler d’un film, d’un livre qu’on trouvait formidable. Quand j’ai lu « Le lambeau », je me suis dit que Vincent avait particulièrement raison.

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