Trois jours avant le réveillon, voici une chronique indispensable puisque nous savons que notre auditorat est effectivement composé de beaucoup de personnes âgées, de retraités de l’Education nationale, mais aussi, et ce n’est pas incompatible, de nombreux alcooliques, plus ou moins anonymes.

Une réunion de crise a été organisée dans le bureau de notre directrice Laurence Bloch afin d’apporter une réponse ferme à la gueule de bois qui pourrait venir perturber, de façon pernicieuse et dommageable, l’antenne notamment au matin du premier janvier.

Laurence Bloch a pris la parole de façon très solennelle pour apporter sa solution, sa solution personnelle qu’elle a mise en pratique, plus souvent qu’à son tour : « J’ai eu un ami proche venu de la lointaine Mongolie Extérieure qui chaque matin sur son cheval qu’il montait à cru me faisait l’amour et me préparait une décoction  d’une petite quinzaine d’ yeux de brebis, dans une saumure  fraîche additionnée de salpêtre et d’aromate. Cul- sec, j’ingurgitais ça et j’aime autant vous dire que j’étais en forme pour toute la journée. Depuis, c’est ce que je prends tous les matins avant mon premier café Calva et je peux vous dire que ce n’est pas seulement un bain de jouvence, c’est aussi un produit de beauté puisque la saumure peut très bien ensuite être réutilisée pour un shampoing tonifiant qui fortifie le cuir chevelu et densifie la crinière. »

Tout le monde, les animateurs, les journalistes, les chroniqueurs de France Inter prenaient des notes, attentifs et admiratifs, chacun reconnaissant que la place de directrice n’était sûrement pas usurpée quand elle était occupée par quelqu’un aussi expérimenté, ne rechignant jamais  à partager tout ce qu’une vie riche et mouvementée lui avait permis d’acquérir. 

Thomas Legrand prit la parole « Personnellement, quand je me suis arsouillé la veille, à la place de mon café au lait, je prends un verre de vin, ou une bière agrémentée de whisky,  ou un petit verre d’alcool fort car comme disait mon grand-père « il faut soigner le mal par le mal. »

Marie-Pierre Planchon, la Calamity Jane de la pluie et du beau temps préconisa sa solution ramenée d’un voyage au Far-West. « Pour ma part, fit-elle, je me prépare du mou de porc rôti accompagné d’une infusion de crottes de lapins. »

« Je n’ai jamais essayé mais ça peut être intéressant, fit valoir notre directrice Laurence Bloch. Je sais par ailleurs que les excréments de Léporidés sont utilisés en cosmétiques pour combattre notamment  la chute des cheveux. »

« Je crains, chère Laurence, que vous ne soyez hors-sujet, fit entendre Claude Askolovitch, remuant les bras comme un pantin parkinsonien, ce ne sont pas les cheveux qui tombent qui nous préoccupent mais ceux qui font mal ! »

Thomas Legrand, co-auteur de la République Bobo, regretta qu’aussi bien  les yeux de brebis que le mou de porc et les crottes de lapins ne constituaient pas des solutions véganes et que, pour sa part, les lendemains de cuite, il préconisait toujours un petit verre de blanc par exemple, un petit Chablis ou un aligoté qui pouvait avoir des vertus thérapeutiques. « Il faut rhabiller le petit » conclut Thomas, citant son grand-père.

« C’est marrant, souligna Laurence Bloch, un petit blanc sec, je sais que ça réhydrate le cuir chevelu, facilite le coiffage tout en apportant un peu de nutrition à des cheveux abîmés après des shampoings trop fréquents. »

C’est ainsi que le premier janvier, dans le bureau de la directrice, aura lieu une réunion sponsorisée par différents cavistes du XVIe arrondissement afin de partager les différents moyens d’aborder l’année de la façon la plus saine qui soit.

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