Ce matin, Frédéric Beigbeder a des idées de nouvelles réformes pour la ministre du travail

Bonsoir tout le monde, bonne année Muriel. Nicolas et Léa je ne vous remercie pas. C’est pas cool d’inviter la Ministre du Travail pour ma première chronique de l’année, moi qui déteste tellement ce concept : Le travail. Ca me met une pression terrible. Cela dit, Madame, le président de la République aussi vous a mis la pression : il a déclaré dans ses vœux qu’il allait maintenir le rythme des réformes comme en 2017, qu’il fallait expliquer davantage, expliquer mieux. Déjà que tous ses conseillers sont en plein burn-out et les députés au bord du suicide, elle commence mal votre année Madame la Ministresse. Je féminise le mot pour bien faire entendre le stress qu’il y a dans votre métier. Heureusement que je suis là. 

Extrait musique

Détendez-vous. Entrez en méditation instantanée. On respire par le bas-ventre. On est en position de yoga dite « le chien tête en bas ».  Une première proposition de réforme : je pense que tout le gouvernement devrait avoir des massages âyurvédiques quotidiens. 

Donc il faut proposer des nouvelles idées de réforme : pourquoi pas un changement d'horaire ? La Matinale pourrait très bien  être en fin d'après-midi, elle serait tout aussi intéressante. Ce n'est qu'une question d'explication. Il suffit d'expliquer aux Français que la matinale de France Inter est désormais à 18h tous les jours.

Comme autre réforme, je suggère que tous les ministres aient le même patrimoine que vous. C’est vrai quoi c’est pathétique qu’il y ait de tels écarts de richesse au sein du gouvernement entre vous qui possédez un capital évalué à 7 millions et demi d’euros et Gérald Darmanin, ministre du Budget en plus, qui n’a qu’un terrain non constructible dans le Nord d’une valeur de 30 000 euros, et un compte avec 8 477 euros à la Banque postale. Un crevard, quoi. Que connaît cet homme au budget ? Il n’a pas de budget chez lui ! Au moins vous, vous avez une expérience de grande patronne du travail en tant qu’ex-DRH de Madone, pardon, Danone !

Vous savez que ministre du travail est un boulot précaire, une situation instable. Prenez votre prédécesseure Myriam El-Komri. Eh bien cette ministre du travail, auteur d’une loi sur le travail, elle est aujourd’hui sans travail. Ne trouvant pas d’emploi, elle a créé une « entreprise de conseil aux entreprises ». Vous faites une tête interloquée ? je ne peux pas vous aider, moi non plus je ne sais pas ce que c’est.

Enfin j’ai une dernière réforme à suggérer : voilà, vous connaissez les intermittents du spectacle. Eh bien je vous propose de créer les intermittents de l’écriture. En effet, nous les écrivains, nous n’avons aucune protection quand nous ne publions pas. Nous n’avons pas de retraite, pas de sécurité, pas d’indemnités. Quand nous n’écrivons pas, nous crevons. Or c’est quand nous ne travaillons pas que nous réfléchissons. Comme dit Philippe Djian : « il ne faut pas perdre de vue qu’un écrivain allongé dans son hamac est avant tout un type qui travaille. » Quand allez-vous créer le statut des intermittents de l’écriture ? Réfléchissez bien, Madame Pénicaud. Si vous faites cette réforme, vous resterez dans l’histoire de la littérature française. Des milliers de romans diront du bien de vous. On se souviendra de vous dans des siècles ! Pensez-y

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