Aujourd’hui, Frédéric fête le premier anniversaire de son appel à quitter tous les réseaux sociaux…

Eh bien il me faut l’admettre : absolument personne ne s’en souvient, et tout le monde s’en fout, et pourtant c’était bien il y a un an, que je lançais un appel solennel, en direct dans la Matinale d’Inter, à abandonner tous les réseaux sociaux pour redevenir des êtres humains. 

Le texte de cet appel figure d’ailleurs dans un ouvrage de haute tenue qui vient de paraître, intitulé « La frivolité est une affaire sérieuse », un livre dont on ne parlera pas ici parce qu’on a une éthique journalistique. 

Ce combat de David Beigbeder contre Goliath Zuckerberg, eh bien je l’ai perdu. Cette année,  Facebook a dépassé les 2 milliards 200 millions d’utilisateurs actifs dans le monde : c’est plus que le nombre de chrétiens sur terre. Eh oui, que voulez-vous : les gens préfèrent liker que communier. 

Or cette semaine, on a appris que les messages piratés de 81.000 comptes Facebook ont été mis en vente par des hackers sur la toile. En bon professionnel du reportage, je me suis donc acheté contre 12 dollars, tous les messages privés d’Augustin Trapenard et de Claude Askolovitch.  

Mais je ne les lirai pas ici pour deux raisons : 

1) parce que j’ai une éthique journalistique et

2) parce que c’est trop porno pour 8h58 du matin. Donc je résume la situation : vous qui écoutez France Inter et qui restez sur Facebook,  cela signifie que vous acceptez en toute connaissance de cause que tous vos messages privés puissent être piratés et lus par n’importe qui et que vous participez à un réseau qui colporte des calomnies ayant favorisé l’élection récente, entre autres, d’un néofasciste à la tête du Brésil. 

Il y a 33 millions de gens en France sur Facebook. Il faut voir le bon côté des choses : ça fait tout de même 27 millions de Français intelligents. Ok je suis peut-être trop réac ou trop vieux. 

C’est vrai qu’au départ Facebook était une belle utopie : c'était chouette que tout le monde puisse devenir un média. Après tout, merde, qu’est-ce que Nicolas Demorand ou Léa Salamé ont de plus que vous ? Bonne question, je me la pose souvent. 

Eh bien déjà ils ont une éthique journalistique, non je plaisante, mais autour d’eux y’a une rédaction qui vérifie les informations, et puis ils ne tiennent jamais de propos sexistes, ni homophobes, ni antisémites, ni racistes, ni islamophobes, enfin bref, ils sont chiants !!! 

C’est pas l'envie qui manque, mais la loi française le leur interdit, et aussi le fait qu’ils signent leurs propos avec leurs vrais noms. 

En conclusion, qu’attendez-vous de plus pour quitter Facebook ? Que des enfants harcelés se suicident ? C’est déjà arrivé. 

Que des bandes d’ados se filment à Paris en train de s’entretuer à coups de barres de fer ? Déjà fait aussi. 

Qu’un démagogue illibéral soit élu président de la France ? Ah, ça c’est la prochaine étape. 

Mais dites-vous bien une chose : la première décision que prendra le Bolsonaro français sera de supprimer la liberté d’information sur les radios publiques, comme cela a été le cas en Pologne, où les médias publics ont été rebaptisés « médias nationaux ». Et quand ça se produira, nous ne serons plus là, et vous n’aurez plus que vos smileys pour pleurer. 

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