Comment allez-vous Frédéric ?

Mal. Très mal. Musique. 

Extrait Make the world go round par Sandy B

Moi, je suis un journaliste consciencieux. C’est la semaine de la mode à Paris, alors j’ai enquêté sur le terrain. Pour l’instant c’est Anthony Vaccarello qui m’a le plus épaté avec son défilé Saint-Laurent au pied de la tour Eiffel, et pas seulement à cause des seins nus... même s’il est vrai qu’ils étaient dardés sous la pluie. Le défilé Gucci par Alessandro Michele au Palace était spectaculairement plus disco. Bien. Parlons un peu des choix textiles autour de cette table....

Augustin : Fashion faux pas, Nicolas ces couleurs sont interdites, quand je te vois j’ai l’impression d’être en 2017, Claude c’est en quelle matière ça ? C’est un suicide cosmétique. Tu es démodé. Tu es impossible. 

La fashion week, oui c’est un truc fashiste, je l’ai dit, écrit et même filmé.  Et pourtant ces dix jours de défilés sur fond de toxicomanie mondaine sont la vitrine de l’industrie qui rapporte le plus à la France : le luxe. Vous croyez que l’image de notre nation c’est « Liberté égalité fraternité » ? (Rire) You are so funny ! Pour le reste du monde, la France ce sont AVANT TOUT des it-robes, des it-boucles d’oreille, des fuck-me shoes et des it-bags.

C’est seulement depuis une dizaine d’années que la « Paris fashion week » est devenue un événement plus important que le G20. Auparavant, ça s’appelait la semaine du Prêt-à-porter féminin et c’était réservé à une élite de quelques snobinards, gardés par des étudiants BCBG de chez Ludéric en cravates rouges dans la cour carrée du Louvre à Paris. Ça c’était l’ancien monde. A présent, la semaine de la mode est ultra-médiatisée mondialement : les vidéos live sur Facebook et Instagram retransmettent cette actualité glamour instantanément. Il y a tellement de « fashion weeks » dans le monde qu’on peut désormais parler de « fashion year ». Milan, Londres, New York, Moscou, Dubaï, Shanghaï : la mode ne s’arrête plus de tourner, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, comme la finance. Les mannequins marchent toute l’année sans sourire vers des flashes qui crépitent sans relâche, notez la rime riche. Il y a longtemps que ces filles ne voient plus la réalité derrière les phosphènes. Il faut être stylé, sur les cinq continents, sinon t’es laid, t’es pauvre, t’existes pas, mais t’es qui ? Dégage ! Oui c’est injuste, et pourtant personne ne se révolte, parce que cette oppression nous séduit. Nous sommes des cibles consentantes, des masochistes de la mode. C’est un esclavage sexy : « 50 shades of Karl » ! A propos, pour ceux que ça intéresse, Chanel c’est mardi prochain à 10h et demie au Grand Palais. Mais le grand événement c’est demain soir Céline par Hedi Slimane à 20h30 à l’hôtel des Invalides. Je vous dis ça mais…vous n’entrerez jamais, c’est fermé au public ! La fashion c’est un truc de sadiques, c’est de la publicité dictatoriale, un totalitarisme frustrant qui détourne la planète de son apocalypse écologique. 

On peut dénoncer ce système ou s’y vautrer : moi, ça dépend des jours. Il faut que je vous laisse, y’a le défilé Chloé à dix heures. 

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