Ce matin, Frédéric Beigbeder fait ses adieux à la matinale...

Bonsoir ! Afin de ne pas perdre mon texte, je l’ai sauvegardé sur mon ordinateur. Ah… Zut… L’écran est noir, ça doit être une panne de batterie. Quelqu’un aurait un chargeur de Mac ? (moment de malaise) Mais non je vous fais marcher, j’ai le papier dans ma poche !!

Rrrhhhôôôôlolololo, je reconnais qu’on s’est quitté un peu bizarrement la dernière fois, alors je suis juste passé vous dire au revoir et merci, Nicolas, Léa, Claude, Augustin, Sonia, et tous les techniciens sans qui nous serions inaudibles ; ça a été un immense honneur pour moi de travailler avec vous tous pendant ces trois saisons, même si faut reconnaître que l’horaire est un peu compliqué. Et que le verbe « travailler » est très excessif. Je prie les auditeurs de me pardonner ma désinvolture, c’est vrai que parfois je suis arrivé dans des états limites, mais en fait je jouais un personnage de fiction. Je ne suis pas du tout ce branleur alcoolique dans la vraie vie… Demandez à tous ceux qui sont assis autour de cette table, ils peuvent témoigner. 

  • Nicolas : Oui c’est vrai, ce sont de fausses rumeurs…
  • Léa : Branleur, je sais pas, mais alcoolique, pas du tout…
  • Augustin : Cette réputation est totalement usurpée.

Merci, vous avez bien lu, ça sonnait juste. 

Je voudrais aussi remercier la direction, c’était courageux de sa part d’avoir embauché un humoriste non professionnel. Je n’oublierai jamais ce que m’a dit la patronne de l’antenne, Laurence Bloch, en me signant mon contrat en 2016 : « Toi mon coco, t’as un physique de radio. » Merci enfin à Juliette Hackius, la responsable des chroniqueurs, qui a souvent eu envie de m’étrangler, notamment la fois où j’étais coincé dans les embouteillages à Bayonne. Merci de m’avoir laissé la vie sauve, Juliette. J’ai fait pas mal de métiers dans ma vie, mais déconneur du jeudi à 8h du matin est sans conteste plus fatigant que critique littéraire du dimanche à 8h du soir. 

J'ai lu partout que ma dernière chronique était catastrophique et ça m'a embêté car je ne la trouvais pas très différente de la centaine d'autres que j'ai pu faire ici en toute liberté depuis 3 saisons. Ma 1ere chronique en 2016 je sortais d'un bar sans avoir dormi et j'avais rien foutu. La dernière je sortais d'un bar sans avoir dormi et j'avais rien foutu. On peut me reprocher beaucoup de choses mais avouez une certaine cohérence dans ma démarche. Personnellement je crois que l'humour ne doit pas être discipliné. J'aime les trous d'air, les moments de flottement, les dérapages et même l’incompétence. Et voilà comment, d’une chronique fainéante, on fait un manifeste politique. Musique ! 

Extrait Bach 

En vérité mes frères et mes sœurs, je vous le dis : aujourd’hui nous devons tous ralentir notre rythme de vie pour survivre. La frénésie consumériste nous tue ? Et donc c'est peut-être la nonchalance qui nous sauvera. 

En conclusion, j’ai prouvé que trois minutes, parfois, ça peut être très long, mais je peux vous assurer qu’avec vous, trois ans, c’était bien trop court.

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