Disons-le : en France, l’heure est grave. L’Europe nous défie. Je ne vous parle pas d’une énième reculade de Hollande face à Angela Merkel. Je ne vous parle pas de l’invasion anglaise tous les jours à 6h50 sur l’antenne de France Inter. Je vous parle de bien pire.

Alors qu’on pensait que tout allait mieux chez nous. La crise recule. Le chômage baisse. Le problème de la précarité est sur le point d’être résolu grâce, notamment, à la formidable chanson des Enfoirés qui exhorte les jeunes pauvres à ne pas pleurer sur leur sort.

D’ailleurs, ils en préparent une contre la lèpre qui dira « Ce n’est pas parce que vous n’en avez plus, qu’il faut baisser les bras ».

Bref, tout s’arrangeait et voilà que déboule le sujet de société qui divise la France : la fessée !

La fessée déculottée, pour être précis. Alors attention. On ne parle pas ici des résultats électoraux de François Bayrou.

On parle de l’acte de mettre une claque sur les fesses d’un enfant qui aurait fait une grosse bêtise. Comme casser un vase, voler des bonbons ou crier « Vive François Bayrou ».

Le débat est vif autour de ce sujet. Le Conseil de l’Europe incite la France à légiférer rapidement. Quoi en penser ?

Moi je suis mal placé pour donner des leçons. Je n’ai pas d’enfants. D’ailleurs, je ne sais même pas comment on en fait... Charlotte Chaffanjon ici présente refuse catégoriquement de me montrer. Et ça c’est pas très sympa de votre part.

Bon je n’ai pas d’avis, mais j’ai bien conscience que le sujet est complexe. Comment élever son enfant ? Il y a des méthodes d’éducation très variées qui vont, en gros, de Françoise Dolto à Véronique Courjault. Avec des résultats très différents.

Quand Françoise Dolto parle de son enfant, Carlos, les gens ont souvent le sourire.

Quand Véronique Courjault parle des siens, ça jette un froid.

La question, c’est quel impact peu avoir une fessée sur la psychologie d’un enfant ? On ne sait pas exactement. Mais rappelons qu’en terme de maltraitance infantile, il y a bien pire. Il y a, par exemple, appeler son fils « Jacky ». Là je crois qu’on peut difficilement faire plus cruel pour son enfant.

C’est impossible d’être crédible dans un poste d’autorité en s’appelant Jacky. On ne peut pas être dictateur en s’appelant Jacky. On peut faire griller des saucisses en tong au mois d’août à la Bourboule, mais on ne peut pas être dictateur par exemple. Jacky Hitler, c’est pas possible. Jacky Mussolini, non plus.

Donc voyez, une fois de plus, tout ça est très complexe. Et puis surtout on a tous des pulsions un peu violentes par rapports aux enfants. Par exemple dans le TGV. On a tous fait un petit croche-patte en douce au gamin qui fait son 42ème passage dans l’allée centrale en hurlant. On a tous ressenti ce mélange de honte et de plaisir quand il s’éclate la tête au sol, que la maman vient s’excuser et que nous, on dit : « oh le pauvre petit bonhomme ».

On a tous cette pulsion de domination. Et c’est sans doute pour ça qu’il est important d’interdire la fessée.

Sinon, nous sommes condamnés à toujours subir la loi du plus fort.

Même le plus fort trouvera toujours encore plus fort que lui pour lui mettre une fessée. Et dans ce cas, il sera contraint de faire ce que fait régulièrement François Hollande devant Angela Merkel. Baisser son pantalon.

Alex Taylor donne la fessée à Guillaume Meurice
Alex Taylor donne la fessée à Guillaume Meurice © / JB

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