Ça va mieux en le disant ? Ça dépend ce qu’on dit ! Regardez Emmanuel Macron. Il en dit des choses. Et à chaque fois, on le critique.

emmanuel macron favorable a des dérogations aux 35 heures
emmanuel macron favorable a des dérogations aux 35 heures © reuters

Mais attendez, Emmanuel, à la base, c’est pas son métier ministre. Lui il est banquier. C’est pas la même chose. Un banquier ça joue avec l’argent des autres, alors qu’un ministre… Ouais, un ministre aussi, c’est pas un bon exemple.

Non mais bon Emmanuel il est ministre socialiste. Et le socialisme, il ne savait même pas exactement ce que c’était avant d’être ministre. Si, il avait entendu le mot une fois ou deux mais il pensait que c’était une maladie.

Quand on lui a dit « Emmanuel tu vas être ministre socialiste ». Il a dit « mais c’est pas possible, tout mes vaccins sont à jour. Oui j’ai couché avec Michel Rocard d’accord, mais c’était il y a longtemps ». Alors on lui a dit « Calme-toi. Ferme les yeux, et pense à la France. »

Bon ça s’est quand même vu qu’il ne savait pas faire comme ministre socialiste. Il arrive, premier jour, il dit « Bon, les 35 heures les gars, j’ai étudié le dossier, c’est de la connerie. ». Ouh la ! On lui a dit « attend Emmanuel, tu ne peux pas dire ça comme ça. ». Tu peux le penser d’accord. Mais tu ne le dis pas, c’est trop violent.

Alors Emmanuel, il a répondu « Ah bon ? Parce que moi au départ j’avais aussi pensé aussi à dire aussi à tous les chômeurs « au boulot les grosses feignasses ! ». »

« Ah non Emmanuel. Et puis en plus si tu parles des feignasses, il y a des ministres du gouvernement qui vont se sentir visés. »

« Tu dis ‘il y aura des restructurations qui viseront à optimiser le retour à l’emploi’. Voilà, ça c’est bien. Ça, ça passe. Tu le dis en plusieurs langues, tu seras dans la chronique d’Alex Taylor. Ça c’est classe. Bon tu y seras entre les problèmes de constipation du président ouzbek et la démission du ministre des tapas à Mexico, mais c’est classe quand même. »

« OK. » Alors Emmanuel, il était surpris. Il a demandé « Mais je peux quand même dire que je n’aime pas les chômeurs non ? »

« Non. Tu ne dis surtout pas ça ! », on lui a répondu.

Et c’est vrai que ça ne se dit pas. Nous on ne le dit jamais n’est pas Éric et Catherine ?

Pourtant on ne les aime pas non plus les chômeurs. On a des raisons. On sait bien que c’est pas eux qui se lèvent à 6h du mat un jeudi pour nous écouter.

Donc on ne les aime pas donc on ne va pas le dire à l’antenne.

Sinon on se fait virer et on se retrouve à leur place, ce serait ballot.

C’est ce qu’il doit éviter notre ami Emmanuel Macron. De dire ce qu’il pense. On lui a expliqué. On lui a repassé le DVD de François Hollande au Bourget. On lui a dit, « Regarde si tu veux dire « j’aime la finance », tu dis « mon ennemi c’est la finance » OK ? ».

« OK » il a répondu. Alors écoutez bien son intervention ce matin dans le 7/9 d’Inter parce qu’il n’est pas à l’abri de déclarer : « Le sort des chômeurs me préoccupe beaucoup. A peu près autant que le transit intestinal du président ouzbek. »

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