Aujourd'hui je vais donner la parole à ceux qui ne l'ont pas d'habitude.

À nos amis les animaux. Alors "amis" ou plus. Je ne veux pas oublier nos auditeurs zoophiles. Je précise car ils sont très susceptibles. Ils sont capables de monter sur leurs grands chevaux. Et je vous laisse imaginer la suite...

Des animaux qui sont donc réunis au Salon de l'Agriculture. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une ferme comme à la campagne, mais accessible en métro. D’ailleurs, c’est pratique car l’odeur ne change pas, entre le métro et le Salon.

J’y suis allé. Et j’ai discuté avec les animaux. Et figurez-vous qu’ils écoutent le 5/7 de France Inter, les animaux. Et oui ! Les poules notamment qui m'ont dit qu'elles aimaient beaucoup Alex Taylor parce que, je cite, « il a une belle plume et un ergot surdimensionné ».

Oui c'est de l'humour de poule. Ça ne casse pas trois pattes à un canard qui étaient justement là et qui eux regrettaient l'absence de Charlotte Chaffanjon. Ils disaient, je cite toujours, « qu'avec votre talent, Charlotte, vous méritez un autre canard que Le Point . »

Ils reprochent à votre magazine le numéro spécial Noël avec une recette du foie gras.

Ils m’ont dit « ceux qui se gavent avec nos foies gras de canard, un jour on les chopera, et on en fera du foie gras de connards »

Ça n'engage que les canards bien sûr. Moi, je ne fais que rapporter leur propos.

Car il faut savoir être à l’écoute des animaux. Il y en a d’autres qui sont particulièrement mécontents.

Les porcs notamment qui en ont marre d'être comparés sans cesse à DSK. « Nous, quand on s’accouple, la partenaire est consentante » disent-ils. « OK on n’est pas très propres, mais on n’a jamais dégueulassé la moquette d’un Sofitel » ajoutent-ils. Et on ne peut pas franchement leur donner tort.

Et puis j’ai également été témoin de l’exaspération d’une vache. Une certaine Filouse. C’est la star du salon. Celle de l’affiche.

Salon de l'Agriculture 2015
Salon de l'Agriculture 2015 ©

Elle témoigne : « Déjà, on me fout des pompons sur les cornes et du parfum sous les naseaux. J’ai bien l’air con. On m’a même peignée. Tout le monde me mate toute la journée. J’ai l’impression d’être une pute à franges ! Je ne plaisante pas. Il ne se passe pas une journée sans qu’un politique vienne me tâter le cul. C’est très désagréable. Ils sont toujours entourés d’une nuée de je ne sais quoi. On dirait une bouse avec les moucherons. Et encore, plus je les fréquente, plus je m’excuse auprès des bouses pour la comparaison. »

D'autres animaux se plaignent de la trop grande proximité des stands de boucherie.

Et il faut bien le reconnaître, au Salon de l’Agriculture, il y a énormément de viande à l'étalage. On se croirait sur la plage de Palavas les Flots un 15 août. Sauf que là, la viande est morte. Il s’agit de cadavres d’animaux. Car oui, les même gens qui les caressent et les flattent, vont ensuite les dépecer.

Exactement comme les électeurs.

C’est pour ça que je vous dis que le Salon de l’Agriculture, c’est comme la campagne. La campagne électorale.

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