Chers noctambules tardifs, insomniaques patentés ou simples vidangeurs matinaux d’une vessie restée trop longtemps comprimée. Chers collègues, Mr Eric, mes hommages à tous !

Depuis quelques semaines, sans qu’on me le demande, je déambule dans les couloirs de Radio France, prêt à disserter à l’antenne de manière péremptoire sur les maux dont souffre notre société par monts et par vaux, par mes propres mots et ce matin par Delvaux !

La tour Montparnasse (depuis la tour Eiffel) 16 août 2006
La tour Montparnasse (depuis la tour Eiffel) 16 août 2006 © Russavia

C’est d’un sujet économique que je veux traiter. Ma France a été Nobelisée en économie, j’aime donc cette discipline, je n’en ai plus peur. Je suis Economie-Friendly. Mais je peux aussi être Patrick Sébastien-Friendly.

J’adore le plus grand cabaret du monde, les femmes en maillot de bain jonglant avec des cuillères en téflon.

C’est tout mon paradoxe: je suis à la fois Nobel et Sébastien. Je sais qu’il est tôt pour ce genre de digression !

Aujourd’hui je pousse un cri d’alarme contre un phénomène inquiétant pour l’économie française: le départ de nos dirigeants. Après la fuite des capitaux, la fuite des cerveaux voici: la fuite des centres de décisions français et des états-majors de certaines de nos plus belles entreprises.

C’est en lisant hier un article des pages saumon du Figaro que mon angoisse naquit. Pas l’animateur -le verbe. Je sais -il est très tôt.

Ainsi donc les dirigeants, entre autre, de Total, Lafarge, Schneider, d’Axa Investment Managers, de Moët Hennessy et compagnie seraient basés à l’étranger. Mais en France, les forces vivent bossent et tiennent les murs.

Du 1er au 18e étage, les bureaux sont toujours occupés par ceux qui malheureusement, n’ont pas la chance d’avoir de famille à Hong-Kong, Londres, Genève ou Luxembourg, en un mot : les salariés de base.

Mais alors, les derniers étages de la tour - traditionnellement ceux de la direction - seraient inoccupés ? Why ? Warum ? Porqé ? Porqué cette fuite ? Je vous passerai les fallacieuses raisons de ces exils de nos dirigeants avancées par le Fig Eco : raisons fiscales, administratives, code du travail trop lourd, ainsi qu’un malaise ressenti par eux, nos boss’s. Les mal aimés…

Moi, j’ai une théorie sur cette question de la fuite des états-majors des entreprises française, du genre celle-là . Si les cadres dirigeants partent, c’est parce que la connexion est mauvaise - instable - laborieuse. Je parle ici de la connexion WIFI bien évidemment, pas de la connexion entre dirigeants et subordonnées. De ce côté-là dans l’hexagone, pour bien se faire comprendre d’un pue-la sueur, la bonne vieille gueulante fait toujours son petit effet.

Mais chez nous, c’est bien un problème de réseau internet pas assez performant qui oblige nos dirigeants à quitter notre pays. La fibre optique n’existe pas encore partout en France. On est lent, on surfe mal, ça rame, ça plante. Pour envoyer des emails stratégiques rapides de dirigeants d’entreprise quand on veut, comme on veut, à la vitesse de la fibre au galop, c’est bien connu: à l’étranger, ça fonce. Internet ferme sa gueule et s’exécute de jour comme de nuit, pas comme chez nous !

Alors ma solution pour lutter contre ce petit problème d’incontinence de nos dirigeants d’entreprise et les faire revenir: je propose de créer en banlieue des zones d’ultra-libéralisme ultra-connectées, sans charge, sans code du travail intrusif, facile à vivre comme à l’étranger. Des No man’s Land du boulot où tout serait possible, sans contrainte, pleine de bonne fibre optique. On installerait nos états-majors dans zones sensibles aidées par l’état: des ZEP, des ZUP, des ZOB - des Zones Overzetop for Business . AH, voir nos dirigeants dans un beau ZOB ! On en rêve tous non ? Un jour peut-être !

Sinon, j’ai lu un autre truc chagrinant dans le Fig Eco (on se refait pas) : d’après une étude sérieuse, je cite en substance - « un salarié sur quatre envisagerait de quitter son employeur dans les cinq prochaines années… ». Alors là j’ai peur. On a déjà perdu nos dirigeants, si maintenant on se met à perdre nos travailleurs ? Qui va faire tourner les boîtes en France ? Nos gosses ? Ah oui pourquoi pas ! Après tout l’avenir c’est les gosses!

Allez j’vous laisse, j’ai d’autres théories à la con à échafauder, et ça, c’est du boulot !

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