Nicole Ferroni est un peu gênée parce que même si nous sommes en pleine crise sanitaire majeure, elle avait envie de vous parler de quelque chose d'un peu plus léger, à savoir du 1er avril. Elle a voulu vous expliquer comment faire pour réussir votre poisson d'avril dans des conditions si délicates.

J'avais envie de parler de poisson et de canulars mais j'avais peur que ça soit pas très approprié... Eh bien, je me suis dit au contraire Ferroni parce que peut-être que justement, comme il y a un gros problème central à gérer, à savoir la lutte contre le Covid-19, eh bien, il faut peut-être éviter que d'autres petits problèmes surnuméraires, comme la baisse de moral des Français, viennent parasiter cette lutte principale. 

Peut-être qu'il est au contraire plus nécessaire de redresser le moral, l'économie, les zizis des Français et de permettre un beau 1er avril malgré le confinement

C'est pour ça que j'ai gardé du coup ce sujet de chronique ! 

Alors je sais que vous allez me dire, bon Ferroni, très bien mais justement, comment faire pour réussir son poisson d'avril dans des conditions pareilles ? Parce que c'est en période de confinement, même s'il n'y a pas de problème pour s'approvisionner en poissons, le ministre de l'Agriculture l'a dit, c'est le moment d'acheter du poisson pour soutenir les pêcheurs français. Il reste cette question : OK, on a du poisson, mais on en fait quoi ? Sur qui on l'accroche puisque beaucoup de Français sont confinés tout seuls. 

Ca c'est vrai que ça interroge. C'est-à-dire est-ce que les Français qui sont confinés tous seuls doivent se faire un auto poisson d'avril ? Est-ce qu'ils doivent s'accrocher eux-mêmes un poisson dans leur propre dos ? Donc risquer de se faire un lumbago, risquer que ça pue le poisson chez eux alors que c'est le seul endroit dans lequel ils peuvent encore vivre ? 

Ça paraît compliqué et c'est pourquoi, aux vues de la situation actuelle, je me suis dit : 

Peut-être qu'au lieu d'être géré par des initiatives individuelles, il serait judicieux que le poisson d'avril soit pris en charge par l'État ! 

C'est-à-dire de la même façon que l'État a mis en place une stratégie sanitaire, économique pour lutter contre les effets du virus, eh bien que l'État programme, coordonne lui-même une blague, sinon même la blague du 1er avril à destination des Français et donc trouve lui-même une blague, un gag ou une filouterie qui, étant diffusé dans tous les foyers français malgré le confinement, qui prendrait par exemple la forme, je ne sais pas d'une fausse annonce gouvernementale diffusée à la télé, dans La Presse ou même dans votre émission, par exemple Ali, eh bien permettrait à chaque Français de bénéficier d'un minima social de rigolade, quelle que soit la situation financière familiale en cette période difficile. 

Vous allez me dire "oui Ferroni très bien, mais quel canular, quelle blague le gouvernement peut-il faire en cette de pandémie sans créer de polémique ?" Là, c'est effectivement une bonne question parce que vu la situation, il faut veiller à ce que la blague ne crée pas plus de crispations que de joie. Donc, moi, je pense que l'Etat aurait intérêt à exclure de ses blagues les fausses peurs ou les fausses joies. Il serait par exemple assez malvenu que le gouvernement dise aujourd'hui "on est confiné jusqu'en novembre. Non, je déconne" ou "on a enfin des masques pour tout le monde. Non, je déconne" parce que ça pourrait créer des tensions. Mais je pense qu'en misant sur une blague un petit peu fofolle, décalée, farfelue, assez éloignée du sujet de la crise sanitaire, l'Etat peut marquer des points. 

Par exemple, pour vous donner un exemple, ça pourrait être dans l'esprit de ce que le gouvernement a fait lundi 30 mars, avec cette plateforme nommée "solidariténumérique.fr" je ne sais pas si vous avez suivi, mais le gouvernement a sorti ce lundi 30 mars une plateforme Internet destinée, et c'est ça qui est drôle, à aider les gens à aller sur Internet. Je ne sais pas si vous voyez le super poisson d'avril que ça fait, parce que si on réfléchit bien, ça veut dire que ce que propose le gouvernement, c'est qu'il propose aux gens qui ne savent pas utiliser Internet d'aller sur Internet pour apprendre à aller sur Internet alors qu'évidemment les gens qui ne savent pas aller sur Internet, ils ne peuvent pas aller sur Internet puisqu'ils ne savent pas y aller. Vous voyez, là ça aurait été drôle, inventif, farfelu. 

Ça aurait fait un très beau canular de 1er avril si seulement ça n'avait pas été la réalité du 30 mars, mais bon, écoutez, en période de confinement, je vous propose qu'on rigole de tout, même de blagues qui n'en sont pas !

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