Toutes les semaines Nicole passe par la Gare Saint-Charles sans prêter trop d'attention. Mais cette fois-ci, elle a eu une pensée triste. Et elle s'interroge sur la suite...

Allez, oui, aujourd'hui, j'offre un bout d'honnêteté aux auditeurs, notamment à ceux qui se demandent pourquoi je ne respire jamais, et à quoi je peux bien carburer pour parler aussi vite que haché.Et ben, la vérité, la voici : quand j'écris une chronique, je plonge rarement mon cerveau dans une douce chanson, et ma plume dans un laaaa.... Non, je préfère tremper les deux au diapason d'un aaaaah...de la chanson suivante :

Aaaah.

De mars on part en croisade,

contre l'état avare,

représente les quartiers dits sensibles en France et Navarre...

On traque les nantis

Politiciens repentis

Bombs Whis-ky gonzes et c'est r'par-ti

Et cette chanson, c'est Sans rémission du groupe marseillais la Fonky Family.

Chanson qui tournait encore ce week-end dans la voiture de mon collègue Damien quand on montait dans les alpes

Et à qui je disais que c'était une de mes chansons favorites de chronique. Car sans venir des quartiers sensibles, moi aussi j'ai l'impression que chaque mercredi, de Mars, je pars en croisade, contre l'état avare et les nantis. Chaque semaine, j'affûte ma langue sur le bord de la méditerranée pour ensuite donner du fleuret dans la capitale, pour une séance hebdomadaire d'escrime verbale. Et pour ce faire, je pars chaque semaine de la gare St Charles de Marseille pour ensuite y revenir, comme le sang quitte le cœur pour le rejoindre juste après. Et, en y passant hier par ce cœur, j'avais hier beaucoup de peine qu'il ait été ajouté à la longue liste des endroits blessés, d'être traversés par des humains qui ont une notice erronée de l'humanité.

Alors qu'à Marseille, comme ailleurs : les seuls couteaux que l'on tolère devraient ceux sur les plateaux de fruits de mer...

Les balles ne devraient être que tirées au pied sur des terrains, les bombes se contenter d'être des filles bien faites, Les roquettes de la salade, le mot guerre désigner quelque chose qu'il n'y plus..car on ne veut plus guère de guerre...Et les seuls attentas possibles devraient être ceux en trois mots...comme attends, t'as le temps, attends t'as pas le feu aux fesses... Mais certainement plus ceux en un seul mot qui, lorsqu'ils ne passent pas leur chemin, viennent d'interrompre celui des autres sur un parvis de gare en plein soleil.

Alors ce dimanche soir, et pardon d'avance de la métaphore footballistique hasardeuse...

En regardant le Journal télévisé, je me posais probablement la même question que les supporters de l'OM qui eux regardaient la ligue 1 sur l'autre chaîne...

Eux, qui voyant le très mauvais démarrage du match opposant l'OM à Nice, ont du se demander comme d'autres face à l'attentat : Dans un match aussi déséquilibré que celui-ci...Comment se remet-on de ça ? L'OM perdait 2-0 à la 16ème minutes, là où ce même jour Marseille, venait de perdre beaucoup plus...et dans les deux cas, l'idée d'une remontée paraît très éloignée. Pourtant l'OM a connu une incroyable remontée de 4 à 2, permise par un doublé d'Ocampos et un tir de Gustavo. Quant à Marseille, je n'ai pas vu qui a pu marquer des points pour endiguer la situation.... Je suppose qu'ils étaient là : secours, police, soldat, et passants empathiques.

Mais j'ai quand même relevé le nom d'un petit défenseur qui, si il n'a pas pu rétablir pas le score, rend à la bonne mère un peu de dignité et permet à Marseille de prouver que, comme dans d'autres décharges à ciel ouvert, les ordures attirent autant les gabians autant que les gars biens. Il s'appelle Florent, et c’est un inconnu dont j'ai reçu le mail :

Bonjour Nicole,

"Je vous écris car à l’annonce de l'ttaque à la gare Saint-Charles, j’étais dans le TGV à destination de Marseille. Nous avons dû nous entasser entre deux voitures d’un autre TGV pour rejoindre notre belle ville meurtrie, et les remarques n’ont alors pas cessé à l’annonce de la fermeture du « précieux » wagon bar, qualifiée de « choquante » par certains. J‘ai été blessé par l’absence de compassion. Les gens ne font plus le lien entre le mot « victime » et la victime en elle-même, comme si ce mot n’avait pas de valeur, pas de poids, pas de conséquence pour les proches, pour nous-tous… Par ce message je fais un peu ma thérapie, mon deuil. J’espère que vous pourrez rappeler aux gens ce qu’est une victime et toute la douleur que ce mot engendre. Je vous le demande d’Humain à Humain."

Alors cher Florent, je réceptionne votre passe et relaie votre demande vers la lucarne de mon micro...de se traiter d'humain à humain. Reste à nous, de l'appliquer comme le ferait la fonky family... Sans rémission.

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