Ce matin, Nicole est optimiste

Mais oui, mais parce qu'à écouter les informations et les mauvaises nouvelles, j'avais envie de ne pas faire de moi un grand incubateur à tristesse...de prendre le contre-pied et au contraire de manifeste de la joie. 

Et je me disais que quitte à manifester, je voulais le faire ostensiblement voire collectivement. Et qu'on crie tous ce matin: Youpi, Youpi, vive la vie, vie...

Le problème, c'est que pile au moment où moi, je voulais lancer cette grande manifestation de joie, j'ai vu que les députés ont adopté hier, en 1ère lecture, la loi Anticasseur, qui s'appelle en réalité  «Proposition de loi visant à renforcer le maintien de l'ordre public lors des manifestations ».

Donc moi qui voulait manifester..ma joie...j'étais inquiète de savoir si je pouvais encore le faire. 

Donc j'ai pris le texte de loi, et je tombe sur l'article 2 et je lis qu'il prévoit de créer une interdiction administrative de manifester. 

C'est à dire que les préfets pourront à titre préventif, décider d'interdire à une personne de manifester si – je cite- « les agissements à l’occasion de manifestations sur la voie publique ayant donné lieu à des atteintes graves à intégrité physique des personnes ainsi que des dommages importants aux biens (...) constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public. 

Et bon vu la phrase compliqué, j'ai voulu demander dans mon imagination au préfet ce qu'il en était.

Bonjour M. Le Préfet, je me présente, je m'appelle Nicole Ferroni et j'ai des sentiments assez durs qui me bousculent, du coup pour compenser ça, je voudrais de manifester de la joie ! Et je viens chez vous pour déclarer cette manifestation! 

Popopopp...Mme Ferroni ...(oui, c'est le préfet des Bouches-du-Rhône)... votre projet c'est  quoi ? Vous voulez manifester dans l'espace public, vos sentiments les plus profonds, à savoir de la joie, au risque que ces sentiments débordent sur autrui. C'est ça ? 

Oui, tout à fait.. 

Et oui, mais, en vertu de la nouvelle loi «  Anti-casseur » soit-disant,  ça va pas être possible, Mme Ferroni, vu votre dossier. 

Vous avez fait des manifestations récemment ?

Euh non...

Si, une manifestation sportive ! 

Ah oui, je suis allée voir un match de catch sur la place du village...

Voilà, et à l'occasion de cette manifestation, sportive certes, mais manifestation avant tout, ce match de catch :..des gens se sont tapés, le catcheurs,  donnant lieu donc à des atteintes physiques) et vous, pendant ce temps, vous avez eu des agissements : par exemple, vous vous avez peut-être crié le nom d'un joueur,  acheté des pop-corn ? 

Oui, M. Le préfet. Mais quel rapport ? 

Ben le rapport, c'est donc que vous ne me contredirez pas si j'écris que vous avez eu des « agissements à l’occasion de manifestations ayant donné lieu à des atteintes physique des personnes ».. et que vous admettez donc que vous constituez « une menace pour l'ordre public ? »

Hé ben non, monsieur le préfet. Puisque c'est pas moi qui tapais quelqu'un, ça c'est les catcheurs qui se tapaient, moi je mangeais juste du pop-corn, donc ce ne sont pas MES agissement à qui ont donné lieu à des atteintes physiques. .

Hé je le sais bien Mme Ferroni, mais l'article 2, tel qu'il est écrit, il dit quoi ?  Il dit pas que c'est vos agissements qui doivent ont engendrer des atteintes physiques. 

Il dit que c'est le fait que vous ayez agi (quelqu'il soit l'agissement : peut-être manger du pop-corn) pendant une manifestations qui elle, a donné lieu à des atteintes physique, qui fait que vous êtes une menace. 

Mais en quoi je suis une menace ?

Ben, il y a des catcheurs qui se cassent la gueule, ce sont des casseurs, et vous vous êtes là, juste à côté de eux, avec vos popcorn et vos agissements...qu'est-ce  qui me dit que vous êtes pas casseur ? 

Ben parce que j'ai rien cassé, , M. Le Préfet... je peux pas être casseur, si j'ai rien cassé, puisque par définition, un casseur, ça casse. 

Oui, certes...mais qu'est-ce-qui me prouve que vous ne pourriez pas le devenir ? 

Ben, rien. Mais dans ce cas , qu'est-ce qui prouve que je compte pas étouffer des enfants innocents avec la mie de pain...auquel cas vous allez m'interdire les boulangerie ?

Enfin, si vous partez du principe de me punir pour une chose que je n'ai pas faite,mais que je pourrais faire, autant me mettre toute la France en prison et enlever le mot liberté de notre devise de la France. 

Donc là, c'est vous qui me cassez les pieds à me casser les droits..et êtes un casseur à supposer que je le sois ! Donc moi, je vais faire un recours. 

Faites-le, Ferroni et peut-être que le tribunal administratif vous donnera une réponse, mais une fois que votre manifestation sera passée...hahaha...

Ah la la, si il ne me restait pas un peu de joie, je vous assure que cette loi là ne me ferait manifester que beaucoup d'inquiétude. 

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