Nicole Ferroni est de retour dans le 7/9. Comme Nicolas Demorand, nous sommes heureux de la retrouver et, apparemment, Nicole se sent un peu …embêtée. Elle nous explique le pourquoi du comment.

Nicolas Demorand : Et la revoilà dans le 7/9, Nicole Ferroni, bonjour, on me dit Nicole, que ce matin, vous êtes embêtée ? 

Nicole Ferroni : Écoutez, oui, je suis un petit peu embêtée. D'abord parce que je vous parle en direct des toilettes de ma copine Nora. C'est le seul endroit qui est un peu protégé, mais ça, à la rigueur, je me dis que vous ne le voyez pas. Mais par contre, je suis embêtée parce que j'avais envie de vous proposer ce matin autre chose qu'une chronique puisque j'ai appris hier par vos voix émues, que la matinale avait perdu son chef-d’orchestre, Mathieu. Il était notre collègue et surtout votre ami. 

Et comme je sais que mes chroniques sont souvent pleines de colère, de piquant, d'acidité, je me suis dit que ce n'était pas le genre de choses à jeter sur une plaie à panser. Et c'est pourquoi ce matin, au lieu de venir avec une chronique, je voulais vous livrer… un câlin. Voilà. 

Sauf que le problème, c'est qu'avec l'épidémie du Covid19 et la fameuse distanciation sociale imposée, comme les Français n’ont pas le droit de se prendre dans les bras, la France est en déficit de douceur, ses stocks de tendresse se sont amenuisés. Du coup, il se passe pour les câlins au mois de juin comme pour les masques au mois de mars, à savoir… une pénurie. Si bien que moi qui voulait m'approvisionner en câlins de qualité, eh bien je n’en ai pas trouvé un seul dans les magasins ! 

Heureusement, la mère de ma copine Nora, qui elle-même a fabriqué ces masques, m'a montré comment me lancer dans une "production artisanale de câlins". J'ai donc sorti ma "machine à coudre du lien". J'ai collé mes deux bras l'un à l'autre pour qu’ils embrassent, j'ai serré les coudes pour qu'ils soutiennent et j'ai cousu le tout en "un câlin », et il ne me restait donc qu'à régler le problème de l'acheminement vers vous. Au début, je me suis dit que, le plus de simple, ce serait que je vous amène un paquet de douceur directement en studio. 

Et pour cela, il me suffisait de mettre mon masque, de faire ma chronique… regardez… masquée, comme si de rien n’était (elle a la voix étouffée à cause du masque) et que j’en profite pour vous déposer le paquet. Sauf que là encore, ça posait un problème. Alors, vous allez me dire : « Ben oui ! Nicole, parce que si vous mettez le masque, personne ne va rien comprendre à votre chronique ! »  Non, c'est pas ça le problème, puisque ça, en général, même sans masque, les gens ne comprennent rien à mes chroniques, elles sont très floues, trop longues, donc non ! 

Le problème, c'est que nous, chroniqueurs, nous n'avons pas encore l'autorisation du Comité de Sécurité de venir en studio ! Du coup, c'est pourquoi je pensais plutôt vous envoyer ma tendresse par mail. Sauf que moi, je ne savais pas à quel point la tendresse était quelque chose d'aussi lourd, d'aussi important. Donc, quand j'ai voulu la mettre, en pièce jointe de mon mail, ça m'a fait un fichier de taille trop importante, car le câlin, apparemment, c'est pas du méga-octet, du téra-octet, mais du "conc-octet". C'est à dire que c'est quelque chose de très personnel, très important, et résultat : aucun serveur n'était assez gros pour stocker ces choses du cœur, donc, mes mails ne partaient pas. 

Du coup, il me restait la dernière option, à savoir vous l'envoyer par la Poste dans un « colis-câlin", sauf que vu le déficit sur le territoire, il a failli se passer avec ma tendresse, comme pour les masques au mois de mars, à savoir que contre quelques billets mal placés, d'autres pays ont failli détourner mes câlins sur le tarmac pour se les approprier. Par ordre du préfet, certains de mes câlins ont failli être réquisitionnés avant qu’ils ne vous parviennent, ce que je peux comprendre parce que, si des gens ont besoin de câlins, c’est normal qu’on leur en donne. Mais c’est juste que, voilà, je voulais moi, m’assurer que tout le monde aurait sa part, et notamment, vous !  

Et c’est pour ça, que du coup, je pense que le mieux, tout en respectant une forme de prudence, le peuple français, particuliers et entreprises, se remette à produire de la tendresse, même à petite dose, et ainsi, en mobilisant toutes les forces vives de ce pays, eh ben, il se passe pour les câlins comme pour les masques, c’est-à-dire qu’on puisse irradier tout le territoire en grande quantité.

Alors là, vous allez me dire : «  Mais Ferroni, vous n’y pensez pas ! s'il se passe pour les câlins comme pour les masques, on va être en surproduction, tous ensevelis de tendresse aussi française qu'inutile. Mais rassurez-vous, non, ne vous inquiétez pas, j'ai demandé au Comité Scientifique et il est formel : la tendresse est une denrée dont on n'a jamais assez !

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