Ce matin, Nicole célèbre les un an de l'anniversaire de la mobilisation du personnel soignant

 Je suis prête pour chanter "Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire". Alors vous allez me dire "Mais Ferroni, ce n'est pas demain votre anniversaire ?". Alors oui, mon anniversaire à moi, c'est demain 19 mars. Mais aujourd'hui, 18 mars, c'est un autre anniversaire que je voulais fêter. Enfin, que nous aurions dû fêter. Un tout petit anniversaire, à savoir : le premier anniversaire de la mobilisation des hôpitaux et des services des urgences

Car je ne sais pas si vous vous rappelez, mais l'an passé, c'est bien le 18 mars 2019 qu'avait débuté la grève des urgences et la mobilisation du personnel soignant. Et en voyant ça ce matin, je me disais mais quand même !

 Quel drôle de calendrier de voir que pile un an après, alors que nous, citoyens, démarrons notre premier jour de confinement complet, et bien ce même personnel soignant qui s'était mobilisé se retrouve au front d'une guerre, à risquer sa vie pour sauver la nôtre, à gérer la pire des crises sanitaires. 

Tout ça pour son anniversaire. Or une crise sanitaire? Sincèrement, désolé, ce n'est pas "esprit d'anniversaire". Non, car pour un anniversaire, d'habitude, on partage un gâteau, on souffle la bougie, on danse sur tirelipinpon sur le chihuahua. Non, on n'est pas censé jongler entre virus, danger et sacrifice. Car la chanson est très claire à ce sujet, elle dit : "joyeux" anniversaire, donc, pour cet anniversaire, il se devait d'être "joyeux" et nous aurions dû tous, en arrivant dans ce 18 mars 2020, avoir dans nos bagages pour le personnel soignant un cadeau qui lui aurait fait plaisir, c'est-à-dire un cadeau que médecins, infirmiers, techniciens, aides soignants auraient chéri depuis longtemps. 

Alors, je sais que vous me direz oui, mais Ferroni, vous savez, ce n'est pas facile de savoir ce que veut une personne comme cadeau pour son anniversaire. Oui, c'est vrai que parfois, ça peut être un casse-tête. Mais concernant le personnel soignant, je me demande si quand même, cette année, ils n'ont pas essayé de nous donner des pistes. 

En effet, par exemple, je me rappelle qu'au début de leur mobilisation en mars, ce que le personnel soignant réclamait avant tout, c'était la création de postes et l'ouverture de lits. Mais à cette époque, Mme Buzin avait préféré leur verser des primes. 

Alors en septembre 2019, le personnel soignant a remanifesté pour demander des postes et des lits. Je me suis dit "Ah, mais peut être que ce qu'ils veulent, ce sont des postes et des lits ?" Mais la ministre avait préféré à ce moment là leur offrir, je ne sais pas, une plateforme téléphonique. 

Si bien qu'en novembre 2019, quand le personnel soignant a re re manifesté pour re re demander des postes et des lits et que ça paraissait assez clair comme envie, j'ai trouvé un peu dommage que le ministère propose une reprise de la dette des hôpitaux, mais aucun poste et aucun lit. 

Car depuis, même si le personnel soignant a bien tenté de re re manifester le mois dernier, le 14 février, entre temps, sa ministre est partie et son remplaçant est arrivé en même temps que la crise du coronavirus. Si bien que désormais, les personnels soignants n'ont même plus le temps de manifester pour quoi que ce soit.  

Mais on peut voir tous de nos yeux ce pourquoi on n'a pas eu d'oreilles. 

Oui, on peut tous désormais faire le constat de ces appels à l'aide sur Twitter des CHU de Montpellier, du Grand Est, qui disent manquer de bras pour faire face à la crise. Et on ne peut qu'acquiescer aux mots du président, désormais lucide quand il dit "Ce que révèle cette pandémie, c'est que la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de professions, notre État providence, ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux". Oui, on ne peut qu'acquiescer. 

Alors, cher personnel soignant, quand je vois que pour ton anniversaire, c'est encore toi qui nous fait un cadeau, celui de nous protéger plutôt que l'inverse, gageons que ce soit la dernière fois

Souhaitons nous que pendant que tu luttes contre le corona, nous, mêmes confiné, on se laisse à jamais infecter du virus de la lucidité et de la gratitude. Et puisse l'État te fournir bientôt autant de solutions hydro alcooliques que de solutions tout court et qu'on continue tous de bien se laver les mains, mais pas de ta situation et qu'on retienne bien de cet anniversaire inversé, qu'il serait grand temps, personnel soignant, que ton pays soit à la hauteur de ce que tu fais pour lui.  

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.