Ce n'est pas possible de prendre les gens pour des imbéciles deux fois, quand la première était déjà de trop. Nicole Ferroni a été très surprise d'entendre Emmanuel Macron dire « Nous n'avons jamais été en rupture » concernant le stock de masques.

Aujourd’hui, ça va mieux, mais c’est vrai que hier j'étais un peu surprise. Car comme d'autres personnes, j'ai écouté, moi aussi, l'interview hier de notre président M. Emmanuel Macron au sujet de la gestion des stocks de masques. 

Et c'est vrai que comme d'autres, quand il a prononcé cette phrase concernant le stock de masques : 

Nous n'avons jamais été en rupture

J'ai été surprise. 

Alors bien sûr, je n'ai pas été surprise par la gestion du stock de masques elle-même, car ça, moi je ne sais pas ce qu'il aurait fallu faire. Ce qui a été fait, pas fait, mal fait, défait...

Mais c'est vrai qu'il me semblait quand même que la pénurie de masques avait été assez décrite, et décriée, assez avérée. Beaucoup de journaux en ont parlé. Les français ont pu le constater. 

Le personnel soignant l'a crié beaucoup, longtemps l'a même payé parfois de sa santé, de sa vie. 

Les faits ont été relatés, voire frelatés puisqu'il y a aussi eu des masques périmés. Et bref, alors que je trouvais que la vérité est suffisamment étalée, là, aux yeux de tous, pour ne pas être réfutée... Voilà que le président la réfute. Et j'ai trouvé ça surprenant comme stratégie. 

Car je me suis dit, c'est comme si un monsieur, admettons, il s'appelle Gérard et il trompe sa femme avec la voisine. Et admettons que sa femme rentre plus tôt et elle les surprend en train de faire crac-boum-hue. Que donc c'est avéré puisqu'ils sont en train de le faire au moment où elle rentre.

Je me disais : ce serait quand même surprenant qu'empêtré dans une vérité si apparente, Gérard dise à sa femme : «Chérie, c'est pas ce que tu crois. Je n'ai jamais eu de relation sexuelle avec la voisine. »

Car évidemment en répondant à ce flagrant délit par un flagrant deni au lieu d'apaiser la situation, ça ne peut que l'aggraver

Car que ce soit la femme de Gérard ou les soignants, ils vont voir qu'après avoir été pris pour des imbéciles une première fois, on tente de le faire une deuxième.

Donc évidemment que pour les soignants, comme la femme de Gérard, cette phrase risque de ne pas être acceptable en l'état.

Ils régiront probablement comme la femme de Gérard qui va dire à son mari : « Mais enfin Emmanuel, euh pardon, Gérard, tu ne peux dire pas une chose pareille. Au moment où je te parle, tu as ton zizi dans la voisine. A partir du moment où ton zizi est dans la voisine. Que je le vois, que tu le sais. 

Ce n'est pas une bonne idée de réfuter la vérité. 

C'est incohérent, c'est ridicule et puis c'est tordu. »

Car oui, c'est très tordu 

Puisqu'en telle situation, la seule façon de faire s'aligner ce que raconte le monsieur avec la réalité, c'est de tordre complètement cette réalité. 

Ce serait, par exemple, d'attendre que la femme de Gérard dise à la voisine : 

"Ah désolée, Madame la voisine... J'ai cru que vous étiez en plein ébat avec mon mari... Alors que je viens d'en discuter avec lui et apparemment c'est pas du tout ça. En fait, apparemment, même si ça ressemble à une relation sexuelle, ça n'en est pas une. C'est à dire que lui, sûrement, il ne faisait que passer avec son zizi et en trébuchant peut-être sur quelque chose, le zizi en avant, il a atterri sur vous, enfin dedans et c'est vous qui avez mal interprété cela. En tout cas, visiblement de ce qu'il me dit : ce n'est pas lui qui me trompe, mais c'est vous qui vous vous trompez."

Ce serait complètement fou comme situation, non ? 

Oui, presque aussi fou que de dire à un personnel soignant qui a manqué de masques de mars à avril que  

Nous n'avons jamais été en rupture. 

Ce serait comme lui signifier : "Ah ben, si des masques y en avait, vu qu'on a jamais été en rupture. Mais peut-être que vous les avez mal rangés ou mal utilisés. 

Non mais peut-être qu'il y a des soignants qui ne savent pas bien situer leurs oreilles par rapport à leur tête...Peut-être que les masques ils étaient là mais que vous, au lieu de mettre le masque vers l'avant, c'est à dire  au niveau de l bouche vous les avez mis sur le haut du crâne, et du coup, vous avez pris ça pour des charlotte de douche alors que c'était des masques. C'est possible, hein... ?

Ben non, c'est pas possible...ce n'est pas possible de prendre les gens pour des imbéciles deux fois, quand la première était déjà de trop.. 

Car si une faute avouée est à demi-pardonnée, la faute reniée je n''ose même pas imaginer ce qu'elle est !

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