En ce moment, Nicole Ferroni se ressource et explique combien il est important de penser à muscler ses propres cuisses actuellement en France pour ne pas manquer de "ressources" !

"Après un mois de confinement, je suis bien ressourcée. J'ai de la ressource qui a poussé sur les cuisses, sur les hanches. Et je passe lentement d'asperges à knakis alsaciens, c'est-à-dire que je reste filiforme, mais je deviens graisseuse. Et donc, pour compenser ça, je fais des petites séances de sport sur Internet qui me permettent d'intercaler une couche de muscles entre mon gras et moi. J'ai donc un aspect plus charpenté pour ce confinement. 

Alors, vous me direz, merci pour ces précisions corporelles mais en quoi ça nous regarde ? Justement ! Parce que je me disais que si, après ce confinement, il y avait une crise à traverser comme une famine, une exode et que j'avais des cuisses maigres, eh bien, pour survivre à cette crise, il faudrait que j'emporte avec moi des boîtes de conserve et ça au risque de les perdre, de me les faire voler ou même de ne pas en avoir. Alors qu'avec des cuisses épaisses, je n'ai pas ce risque-là puisque comme mes cuisses font partie de moi, si elles sont pleines de muscles et de gras, moi, je serai pleine de ressources et j'aurai donc avec moi mes propres réserves, ma propre machine. Je pourrai assurer ainsi ma survie, ma sécurité, donc mon autonomie. 

Alors vous me direz que tant mieux si je suis heureuse d'être dodue de la cuisse et vous me demanderez en quoi ça vous regarde mais par analogie, pardi ! Oui, puisque je sais que notre pays traverse en ce moment une crise lui aussi. Je me disais donc que : 

Peut-être que les difficultés de la France dans cette épidémie sont simplement liées au fait que la France a de trop petites cuisses !

Je vous explique à la base, la France est un pays riche, 7e puissance mondiale. Elle pourrait donc avoir de grosses cuisses. Sauf que depuis 20 ans, la France a fait le choix de mincir. Elle a dégraissé un million d'emplois manufactures et industriels par suppression, délocalisation, préférant à cela multiplier les échanges commerciaux. En gros, la France se disait 'mais pourquoi stocker sur mes cuistos ce que je peux acheter et ranger sur l'étagère ?" Ainsi, les cuisses sveltes, elle a avancé en disant 'j'ai maigri, mais j'ai de l'argent', faisant reposer sa sécurité sur le marché et le pouvoir de son porte monnaie. 

Mais quand le virus est arrivé, comme toutes les crises, ça a perturbé le marché. Les fournisseurs ont pu se privilégier parfois eux-mêmes ou être en pénurie. Et donc, on a découvert que sans stocks de gras ou de masques, et avec des territoires en manque de muscle et d'industrie, même en étant riche, si les placards sont vides et que les cuisses sont maigres, la France est vulnérable, plus vulnérable, par exemple que sa voisine allemande qui, grâce à sa cuisse plus épaisse de matériel et d'industrie, donc de déploiement, de dépistage permis par cette autonomie, compte aujourd'hui moins de morts que nous ! 

Vous me direz oui, mais du coup, pour la France, on fait quoi ? On pleure sur nos ratés, nos petites cuisses ? Non, pas seulement. Peut-être que pour aller mieux, la France pourrait s'inspirer de mes cuisses de confinement, c'est-à-dire se remuscler et relocaliser ses ressources sur elle-même. Car en terme de santé, par exemple, la France possédait, il n'y a pas si longtemps sur ses propres hanches, sur son bassin d'emploi, des entreprises formidables, l'entreprise 'Honeywell' qui fabriquait des millions de masques à Plaintel, l'entreprise nommée 'Luxfer' dans la ville de Gerzat, qui était la seule d'Europe à fabriquer des bouteilles d'oxygène, si précieuse pour les respirateurs qui nous manquent face au virus. Et la troisième, nommée 'Famar', à Lyon, qui fabrique des médicaments, dont la Nivaquine et chloroquine, dont on attend un petit espoir. 

Sauf que voilà, les deux premières entreprises, après avoir été vendues à des groupes étrangers, ont fermé en 2018 et la troisième cessera son activité en juillet 2020. Oui, ces trois ressources ont été dégraissées de notre territoire. Mais puisque par cette crise, le ministre de l'Economie a évoqué l'idée de recapitaliser ou nationaliser des entreprises stratégiques et que justement, à 'Luxfer', les machines étant toujours là, les bouteilles d'oxygène pourraient être livrées dans deux mois, des députés et des citoyens ont demandé à l'Assemblée de sauver les fesses à la fois de notre entreprise et donc du pays. 

Mais pour l'instant, le 18 avril, le gouvernement a opposé un refus. Bien dommage ! car l'industrie, on le sait, c'est comme les grosses cuisses, on critique, on critique, mais ça nous tient debout". 

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