Nicole Ferroni a fêté Noël ; ce qui l'amène à s'interroger sur les contradictions qu'il y a à prôner le sens chrétien et ne pas le faire.

Manifestation devant le Palais de Justice à Nice le 23 novembre 2016, suite au procès d'un professeur-chercheur du CNRS, Pierre Alain Mannoni, et d'un agriculteur, Cédric Herrou, pour avoir aidé les migrants à rester illégalement en France.
Manifestation devant le Palais de Justice à Nice le 23 novembre 2016, suite au procès d'un professeur-chercheur du CNRS, Pierre Alain Mannoni, et d'un agriculteur, Cédric Herrou, pour avoir aidé les migrants à rester illégalement en France. © AFP / Yann Coatsaliou

Une fois sequestrée par ma mère au culte de noël, j'ai a écouté Roberto, le prêtre, qui avait fait le choix de concentrer son message de Noël sur cet extrait de l'évangile selon Saint-Luc, chapitre II, verset VII :

[Marie] mis au monde son fils premier né, elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire car il n'y avait pas la place pour eux dans la salle.

Qu'est-ce qui occupe la place dans nos vie au point qu'on laisse accoucher une femme dans une étable ? Et pourquoi on arrive toujours pas à faire de la place actuellement ?

Alors vous allez me dire : "La naissance de Jésus, c'était il y a 2016 ans". Oui, sauf que des genres de Marie, il y en a encore aujourd'hui, notamment dans les Alpes maritimes.

J'ai rencontré Hubert Jourdan, qui a fait le choix avec sa collègue Francesca, d'accueillir sur son terrain et son budget une vingtaine de réfugiés. Et parmi eux, une maman et son petit garçon d'environ six mois. Une maman qui comme Marie, la mère de Jésus, s'était déplacée alors qu'elle était enceinte. Une maman qui comme Marie, la mère de Jésus, avait accouché en chemin car, comme Marie, on avait pas pu lui faire de la place.

Le député des Alpes Maritimes, monsieur Ciotti, est franchement assez opposé aux réfugiés. Tellement opposé d'ailleurs qu'il dénonce à la justice les gens susceptibles de les accueillir. Justice qui n'a de toutes façons pas perdu de temps : elle attend de pied ferme Cédric Herrou, agriculteur, et Pierre-Alain Manonni, enseignant, qui comparaîtront tous les deux la semaine prochaine pour avoir accueilli sur le temps et leurs deniers des réfugiés et devront se justifier auprès du Prêtre (Prêtre étant bien sûr le nom du procureur de la République qui les poursuit).

Mince, voilà un député, monsieur Ciotti, qui est très attaché aux racines chrétiennes de son pays, au point qu'il voulait cette année les inscrire dans la constitution mais qui ne voit que si aujourd'hui il avait la chance de se retrouver nez à nez avec Jésus, il serait capable de le renvoyer dans son pays.

Il ne voit pas que si Jésus de Nazareth avait eu le malheur de naître 2016 ans après lui-même et avait eu l'occasion de se reposer dans une étable niçoise, à l'heure qu'il est, monsieur Ciotti aurait renvoyé le bœuf au tribunal et l'âne en garde-à-vue, et les rois mages au poste pour avoir été complices de son accueil.

L'amour du prochain n'a pas beaucoup de valeur tant que l'idée dans le vent n'est pas suivie d'une main à la pâte

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