Je ne sais pas si vous lisez la presse, moi non parce que Claude Askolovitch le fait pour moi et que j’adore me faire servir, il y a plus de resto pour se faire apporter un œuf mayo, donc Claude qui lit pour moi, c’est mon dernier plaisir, mon frisson bourgeois.

Mais bon, je suis chez moi à 18h, parce qu’avec Castex on joue à Jean a dit, Jean a dit « rentre chez toi », Jean a dit « le week-end, tu bouges pas », moi je fais « ok », parce que j’ai le même esprit de rébellion qu’Emmanuel Macron quand il fait face à Angela Merkel, donc 18h chez soi, ça laisse du temps pour lire. Alors mardi je suis allé au kiosque, le monsieur m’a dit « voulez quoi, de la Cristaline, un Bounty, des capotes ? », j’ai répondu « non, je voudrais le Parisien », il m’a dit « houlà, un journal, je vais voir si j’ai ça », mais en fouillant, derrière la collection de figurines « mon chien, mon ami qui pue », des éditions Atlas, il m’en a trouvé un. 

Je rentre chez moi, je dis au personnel de maison, qui m’attend nu, « les gars, trouvez-moi un sujet là-dedans », quand soudain, ce sans-papier guatémaltèque que m’a offert Nagui me dit « maître, je viens de lire une superbe histoire d’amour ».

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Et en effet, Le Parisien s’est fait l’écho d’une romance splendide, à faire chialer d’émotion un sosie émotionnel de Bachar al-Assad

 Je vous raconte l’histoire, lundi, sur Instagram, ce réseau où on met des photos de soi où on se mord l’intérieur des joues tout en rentrant son bidou, une étudiante parisienne rédige une annonce. 

Elle dit avoir rencontré vendredi dernier dans le métro, ce lieu dans lequel naguère Nathalie Kosciusko-Morizet jouissait presque, elle est élégante, donc elle parlait de moments de grâce, un jeune homme. Ça s’est passé, dit-elle, sur la ligne 8, niveau Concorde, c’est l’endroit où il y a 200 ans les sans culottes, dont les descendants aujourd’hui vivent au Cap d’Agde, ont découpé Louis 16. Énorme erreur puisque maintenant on est condamné par défaut à suivre les interviews nulles de Harry et Meghan qui chouinent dans un F47 en Californie. 

En fait cette étudiante, appelons-là Jean-René pour dégenrer le contexte, a flashé sur ce garçon croisé dans le métro

 Elle écrit « il a les yeux clairs, les cheveux bouclés », donc ouf ce n’est pas PPDA, et autre renseignement, il lit l’Existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre, et là, dit-elle, elle craque parce qu’elle adore les romans philosophiques, la situation 100% française, que même les scénaristes d’Emily in Paris sur Netflix se seraient dit « ok, là, c’est un peu gros ». Dans les autres pays, si vous lisez l’Existentialisme est un humanisme dans le métro, on vous dénonce pour comportement étrange et la police vous abat, mais à Paris, avec un vieux bouquin de Sartre, on séduit. On pécho, comme disent les jeunes. 

C’est ça la France, on se farcit Afida Turner, mais en vrai, au fond de nous, on a envie de se faire déniaiser dans un bibliobus.

Le poids de la littérature dans ce pays est dingue

Si j’étais Bernard Pivot, je passerais mes journées dans les saunas coquins. Donc l’étudiante, appelons-là Amadou pour dégenrer et racialiser le contexte, passe cette annonce sur le net pour retrouver le fan de Sartre, le Parisien fait un papier, et hier, ô joie, Cupidon Akbar, elle a annoncé qu’il s’était signalé.

Et je vais vous dire, l’époque est tellement glauque, il pleut, il y a le Covid, le couvre-feu bientôt va débuter à 10h du matin, que cette romance, c’est le seul truc positif qui se déroule depuis un an. Mais malheureusement, je vais vous décevoir, Pastureau briseur d’ambiance depuis 7 générations, cette étudiante, appelons-là Jurgen-Toufik, pour dégenrer, racialiser et métisser le contexte, a révélé hier que le type était déjà en couple. 

Forcément, le seul lecteur de Sartre de tout le métro, les autres lisent 20 Minutes, tout le monde le veut. 

Mais, épilogue, cette étudiante, appelons-là comme on veut, dit, à l’issue de cette histoire, croire encore plus en l’amour, car c’est ainsi que nous sommes faits, nous français. Les autres ne peuvent pas comprendre.

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