Ce matin, Sophia nous parle de stratégie vaccinale...

Novembre 2020, l’humanité toute entière retient son souffle, un vaccin est désormais possible.
À portée de main, une question de temps. 

La pandémie et son cortège de malades, de crises, de morts, de confinement, de drames, de pénuries de PQ et donc de dépression… pourraient bientôt prendre fin.

Chaque pays se prépare, les cellules de crises crépitent, on s’arrache les experts, les frigos, les congélos, les logisticiens. On planifie, on anticipe, l’Europe commande d’ores et déjà 300 millions de doses, on accélère les processus de validation et d’autorisation de mise sur le marché du vaccin, en deux mots on se sort les doigts. 

La France n’est pas en reste, au micro d’Elisabeth Martichoux sur LCI le 23 novembre dernier, le Dr Marie-Paul Kieny, virologue et présidente du comité vaccin Covid-19, répond à une question simple « Les allemands annoncent être prêts à démarrer dès le 15 décembre, et nous, sommes-nous prêts ? » 

Extrait

La France a mis en place l’achat des congélateurs à température très basse, -70, -80 pour accueillir le vaccin de Pfeizer, préparation, en fait discussion de savoir qui ils sont, les meilleures personnes à qui donner ce vaccin, est-ce qu’il faut organiser des campagnes comme avait été fait pour la campagne de grippe H1N1 en 2009/2010, faire appel à des tentes ou vaut-il mieux faire appel aux médecins généralistes, aux infirmières, aux pharmaciens. Donc toutes ces possibilités sont encore en cours de discussion.

C’est vrai qu’on aurait dû s’en douter à l’époque, on était visiblement sur un autre tempo, une approche alternative. Les mauvaises langues qui rappellent qu’au 1er janvier l’Allemagne avait déjà vacciné cent trente-deux mille personnes quand la France en avait vacciné 138… non pas mille… ”138 personnes”… ”tout court” j’ai envie de dire… 

On a démarré le même jour. 

En France c’était à Sevran avec Mauricette ; qu’on a pris le temps de connaître… une ancienne aide-ménagère de 78 ans… Depuis on prend de ses nouvelles, on se réjouit…

On est très loin de la logique industrielle et productiviste des allemands. 

Nous, voyez, c’est l’humain d’abord, chaque individu compte. On entre dans l’histoire, mais un par un, chacun notre tour.

On n’est peut-être pas rapides mais on connait le prénom d’à peu près tous les vaccinés. 

Alors que les allemands eux, ils s’en tamponnent…  

Bon après Mauricette, on a eu Jean-Jacques, le Dr Monsuez, un cardiologue de 65 ans, vous vous souvenez, celui qui a dit : Si je dis "aïe", vous coupez le son !", et on avait tous rigolé…

On prend le temps de rassurer, parce qu’avec plus de la moitié de la population qui doute, si on distribue les paires de baffes au même rythme que les vaccins, on a plus vite fait de les convaincre… 

Ce qui fait qu’on a le temps de discuter avec tous ceux qui voudraient savoir ce qu’il y a dans le vaccin, alors que fondamentalement ce sont les mêmes qui se beurrent la rondelle à la préparation H et s’enfilent des nuggets de poulets reconstitués sans même se poser de question…

Alors voilà, même si certains pays n’ont pas encore commencé à vacciner, et même si une semaine de retard sur une campagne d’une telle ampleur ne change rien, tout ceci est bien cohérent sur l’état de la France du sol au plafond.  

Peut-être que pour sortir de ce merdier on pourrait essayer d’anticiper un peu, d’assumer les ratés, bref moins de conseils citoyens, plus de dialogue parlementaire, moins de lissage brésilien, et plus de vaccins. 

  • Légende du visuel principal: Sophia Aram en studio © Radio France /
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