Je dois avouer que ça fait quelques temps que je pense que lorsqu’André Comte-Sponville ne lit pas Montaigne, il gagnerait à le relire…

Plutôt que d’essayer de penser par lui-même ou pire, de nous faire part de ses impasses cognitives dont la mollesse conceptuelle n’est pas sans rappeler les dernières envolées lyrico-dépressives d’un Francis Lalanne tout en queue de cheval et en cuissardes, pourfendant la dictature sanitaire en nous exhortant à défendre notre liberté de continuer… tenez-vous bien… à nous faire des bisous.

J’espère ne pas être le seul à penser que la liberté est une valeur supérieure à la santé. Non la santé n’est pas la valeur suprême, d’ailleurs la santé n’est même pas une valeur du tout, c’est bien. Et bien celui qui vous dit qu’il n’y a rien au-dessus de la santé c’est du nihilisme sanitaire. 

Oui je sais, c’est beau comme du Bercoff et finalement tellement peu robuste, qu’on ne sait plus tout à fait si Comte-Sponville donne à penser ou s’il prête à rire. 

Voyons ça ensemble, même si je vous préviens Nicolas, Léa, la question soulevée par Comte-Sponville est à peu près aussi stimulante qu’un confinement sans sexe. (Ou pire sans alcool)

Alors, la liberté est-elle supérieure à la Santé ? 

Ce qui n’est pas sans évoquer le fameux dilemme, « peut-on jouir sans entrave ou avec, si les menottes sont bien fourrées ». 

Cette question n’en demeure pas moins d’une banalité consternante tant elle est soluble dans à peu près tout ce que la philosophie compte comme poncif du genre : 

La liberté des uns s’arrête là ou celle des autres… “Commence“. Merci de suivre ! 

Formule que l’on pourrait actualiser à l’aune de ce débat stérile par : la liberté des uns s’arrête là où la santé des autres est mise en danger et où celle des équipes de réanimation s’épuise. 

Mais rien n’y fait, pour l’ami Dédé : la liberté est une valeur et la santé un bien… Même si visiblement la liberté de jouir sans entrave aurait pu être interrogée au regard de la liberté des autres… à vivre par exemple. 

D’ailleurs, j’imagine qu’André Comte-Sponville pourrait tester la robustesse de ses pensées en visitant quelques salles de réanimation, ce qui compte tenu de l’air qu’il brasse permettrait de ventiler les patients sous respirateurs, à défaut bien sûr de les aider à réfléchir à la supériorité théorique de la liberté de Comte-Sponville sur leur capacité à respirer tout seul.

Mais il n’y a pas qu’André ou Max qui soient libres, il y a aussi cet ectoplasme de l’organisation de soirées mondaines déclarant dans un reportage diffusé sur M6 : 

J’ai diné cette semaine dans deux ou trois restaurants qui sont d’ailleurs des restaurants soi-disant clandestins avec quelques ministres, alors ça me fait doucement rigoler, on est encore en démocratie, on fait ce qu’on veut.  

On y revient, « jouir sans entrave ou avec,… tant que la vaseline est hypoallergénique » semble être la question du jour chez tous les timbrés masquant leur égoïsme pathétiques derrière une pseudo résistance à la dictature sanitaire.

Le tout sous la molle réprobation de Marlène Schiappa 

Si d’aventure il y avait des ministres ou des députés qui auraient enfreint les règles et bien il faut qu’ils aient des amandes et qu’ils soient pénalisés comme chaque citoyen.

Alors non madame, si des ministres ou des députés participent à ses soirées, il faut au minimum qu’ils soient démis de leur fonction, à défaut de prendre une main dans la gueule. 

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