Hier après-midi, dans la grisaille de ce sinistre dimanche de pandémie en tranche. De l’espoir d’un vaccin douché par l’interminable plateau des 10 000 contaminés par jour, c’est-à-dire pile le double de ce qu’il faudrait pour déconfiner la dinde du congélateur et … fêter Noël quoi…

Bref le coconfinement me brise les arpions que la cire chaude des bougies qui ornent mon quatrième bain termine de recouvrir avant que ma peau ne se décolle. 

Oui ça n’allait pas fort fort, lorsqu’occupée par la recherche d’une hypothétique résurrection d’un cailloufage de Muriel Pénicaud, entre une vidéo de chatons qui tirent la chasse d’eau et les retrouvailles d’un maître et son toutou, je suis tombée sur une interview du général Pierre de Villiers.

Star de la presse dominicale, grand timonier de la littérature de gare et rescapé des batailles des coulisses du pouvoir, sauveur putatif d’une France en mal de chef sachant chéfer.  

Et si c’était lui ? L’homme providentiel, le général à poigne, le mâle décidé, capable de nous guider pour bâtir ensemble ce projet d’avenir d’une France aux couleurs sépia. 

Brandé comme une eau de Cologne, Pierre de Villiers déroule un plan marketing de haute tenue, à la cadence d’une marche promotionnelle qu’il convient d’applaudir, le doigt sur la couture en s’interrogeant : « Et si c’était lui… » 

Le voilà proclamé par le Parisien/Aujourd’hui en France comme le “militaire le plus populaire du pays“, en tête de la fameuse liste des militaires populaires en France… Je sais pas, juste devant l’adjudant-chef Cruchot ou le général Bigeard, la 7ème compagnie au grand complet et l’équipe de la grande vadrouille… Je sais pas, quelqu’un a vu la liste ?
 

Et puis comment ne pas faire confiance à quelqu’un qui en « appelle au bon sens » ? C’est tellement plus bat que l’appel au mauvais sens. Un homme capable de faire des phrases comme « les français attendent un chef », « les français réclament de l’autorité“, « les français préféreraient quelqu’un de pas très grand, ayant roulé sa bosse, droit dans ses bottes et si possible dont le frère s’appelle Philippe » … 

Ce qui tombe hyper bien, parce que vraiment il se trouve par hasard que justement, il y a ce type… Vous savez qui a claqué la porte de l’État-major… Mais si un petit là… droit, moral, le regard franc, sympathique, humain, visionnaire, subtil et très bon cuisinier…  Un homme capable d’avoir des formules pragmatiques et utiles du type « il est temps de dire Halte au feu » ou « on pose le sac et on réfléchit ». 

L’homme dont les français ont vraiment besoin, un homme qui leur apprenne la valeur d’une corvée de patates et d’un lit au carré.

Voilà ce qu’il faudrait pour la France. Un homme comme ça n’aurait pas besoin d’avoir d’idées ou un programme, il est le programme à lui tout seul. 

Plus de discussion stérile, juste une vision, un sens, une direction, des ordres, mais attentions des ordres bienveillants, rester dans le rang, solidaire, groupés, des valeurs quoi…
 

Voilà en attendant que le général Pierre de Villiers fasse le lien entre l’homme que les français semblent lui réclamer à corps et à cris et bon bah… Lui-même. 

Je vais retourner regarder quelques vidéos de chatons me coucher et refaire un gros dodo… A part ça, moi ça va bien, et vous ? 

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