Sophia Aram a un aveu à faire : quand elle voit ce que les gens font ou racontent, elle préfère rester confinée.

Alors je sais. Je sais que pas mal de gens attendent le confinement avec l'impatience d'un Balkany devant un programme de défiscalisation, certains pour pouvoir retravailler normalement ou revoir leurs proches, d'autres pour arrêter leur initiation au jogging et soigner leurs ampoules en mangeant des chips devant la télé. Mais alors moi, pas du tout. 

Je n'ai ni l'envie ni le courage de me déconfiner. C'est simple, je n'ai plus aucune envie de sortir de chez moi. 

J'ai beau faire partie des 12 % de losers à être confinés en appartement sans balcon ni terrasse, je m'en fous : je ne bougerai pas. Covid ou pas covid, j'ai réfléchi : il est hors de question que je sorte. Parce qu'admettons qu'on arrive à maîtriser l'épidémie de SRAS dans un mois. Admettons. 

Il n'y a aucune chance que l'on vienne à bout de l'épidémie de mauvaise foi, d'incurie congénitale, de démission intellectuelle et d'affaissement moral que l'on est en train de traverser. Le volume de connerie, de lâcheté, de bêtise crasse est beaucoup trop important. Toutes les digues ont lâché !

Bon, franchement, ça n'alerte personne que Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Jean-Marie Bigard, Donald Trump aient un avis sur la chloroquine ? Que Valérie Boyer déblatère sur le bien-fondé des essais cliniques ? Même Franz-Olivier f***k Giesbert invente pour l'occasion le concept, je cite, "d'efficacité incontestable, non prouvée scientifiquement". Non, mais sans déconner ? A ce niveau, ça n'est plus une pandémie, c'est un naufrage !

Alors, je ne sais pas quel est l'effet de la chloroquine sur le covid. J'en sais rien, moi, je n'ai aucun moyen de le savoir, aucune compétence, rien, que dalle. Non, vraiment.

La seule chose que l'on puisse dire sur la chloroquine sans se gourer, c'est que c'est un appeau à cons. 

Le plus formidable appeau à crétins de l'histoire de la pharmacopée. Une sorte d'exhausteur de bêtise, un révélateur de crétinerie

Vous prononcez le mot "chloroquine" et ils rappliquent tous avec leurs pétitions nauséabondes, leur démocratie sanitaire, leur éthique pleine de miasmes et leurs sondages expérimentaux. Pire, leurs témoignages chevrotant de miraculés ne sachant plus très bien s'ils doivent la vie à la chance ou à leur croyance dans les statistiques hasardeuses d'un traitement qu'ils revisitent à l'aune de leur dévotion envers Didier Raoult, dont seule l'histoire nous démontrera s'il s'agissait d'un scientifique déguisé en druide ou l'inverse. Je me contre-cogne des explications d'Estrosi sur les bénéfices comparés d'une messe en milieu confiné en période d'épidémie et de chloroquine en suppo pour lutter contre le covid. Je dirais même plus je m'en contre-cogne velu. Je n'ai aucune envie d'écouter Cyril Hanouna parler de déconfinement à partir d'une pseudo carte officielle exhumée d'un vague site complotiste. Il peut se la remettre dans sa culotte ou ailleurs, avec ou sans nous. Moi, je m'en tamponne. Ça ne m'intéresse pas.

J'ai plus envie de croiser ces gens qui savent. Les "plus jamais ça", les "on n'oubliera pas", les spécialistes du déconfinement, les visionnaires du monde d'après... Une pandémie qui n'est toujours pas finie. Que ce soit les tartemuches qui vantent l'opportunité de profiter d'une crise sanitaire pour faire des affaires en Bourse, de se vautrer dans les dividendes ou d'abolir pour l'occasion les 35 heures, voire les congés payés, je n'ai plus envie de croiser tous ces représentants du peuple qui comptent plus sur le chaos pour prospérer que sur l'hypothèse d'obtenir une majorité dans les urnes

Alors voilà, comme je suis réaliste et qu'ils ont visiblement plus de chances de guérir du covid que d'arrêter d'être cons, moi, je préfère rester confinée. 

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