Aujourd'hui, un bobini entièrement consacré à l'histoire rocambolesque d'une jeune femme de 18 ans : Rahaf Mohammed Al Qunun.

Qui, par le truchement de son coiffeur, de l’incroyable mobilisation sur les réseaux sociaux et du haut commissariat aux réfugiés, va réussir après moult rebondissements à s'extraire du joug du patriarcat et de la  domination masculine en déjouant les plus sombres projets à son égard avec l'aide de la communauté internationale. 

Jingle

Tout part d'un projet complètement hallucinant, d'une envie folle et d'une prise de risque inconsidérée. 

D'un acte de rébellion capable à lui seul de remettre en cause l'ordre établi:

Celui de se couper les cheveux comme elle veut. 

Oui oui, vous avez bien entendu, Rahaf a eu envie de se couper les cheveux. 

Pas comme papa ou maman le souhaiteraient, non, juste comme elle veut. 

Court, parce qu'elle trouve ça joli. Dégagé, parce qu'elle ça va plutôt bien avec l'ovale de son visage, même pas un truc foufou, une crête woula une minivague, non juste une coupe de cheveux chez le visagiste ou le coiffeur de ton quartier.

Et bien je vous assure que quand on est une fille de 18 ans issue d'une puissante famille saoudienne c'est le genre de truc qui peut vous faire passer six mois enfermée dans une chambre, le temps de comprendre quelle est la bonne longueur pour les cheveux ou d'attendre que ça repousse.

Et ben d'ailleurs, c'est exactement ce qui lui est arrivé. 

Mais n'écoutant que son courage, Rahaf Mohammed Al Qunun, c'est son nom, continua sa quête de liberté en refusant de se marier avec un homme qu'elle n'aime pas, et tout ça pour attendre le jour où elle en trouvera un qu'elle aime. 

Cela peut paraître surprenant mais épouser quelqu'un qu’on aime quand on est issue d'une famille saoudienne, c'est tellement pas automatique qu'il vaut mieux essayer de te conformer aux mêmes désirs et aux mêmes pulsions... que ceux ton père.

Pour accomplir ce projet fou qui consiste à vivre libre quand on est une femme saoudienne, Rahaf a profité d'un voyage au Koweït pour prendre un vol pour l'Australie. 

Et c’est là qu’au détour d’une escale à Bangkok, que des diplomates saoudiens lui ont retiré son passeport. 

Seule, en transit, à deux doigts d'être renvoyée dans sa famille pour y être assurément séquestrée, vraisemblablement battue ou tout simplement tuée, Rahaf Mohammed a envoyé un message sur twitter expliquant sa situation, puis un autre dans lequel était inscrit : Je veux l'Onu, I want UN, I want UN, I want UN, I want UN...

La mobilisation sur le réseau sociale Twitter, l'aide du Haut commissariat aux réfugiés et de trop rares diplomates n'ayant pas peur de se foutre les saoudiens à dos et l'engagement réel du gouvernement canadien, Rahaf a pu obtenir un visa, le droit d'aimer qui elle veut, de se couper les cheveux comme elle veut et surtout de vivre en toute liberté. 

Le grand réformateur et tortionnaire Mohamed Bin Salman est peut-être trop occupé à se tailler les poils de barbe en quatre ou à découper ses opposants à moins que ce soi l’inverse, ou a emprisonner des femmes comme Israa Al Ghomgham et 5 autres qui risquent toujours la décapitation pour avoir manifesté pacifiquement en Arabie Saoudite, ce que je sais c’est qu’on en est encore là aujourd’hui.

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