Il y a plusieurs façons de contempler le vide… Par exemple, prononcer MILA et écouter le silence...

Il y a plusieurs façons de contempler le vide… On peut se perdre dans le regard profond de Francis Lalanne par exemple, sinon, si vous n’avez pas le druide à portée de main, profitez de n’importe quelle réunion de famille, meeting, dîner, goûter, rassemblement… pour prononcer les quatre lettres qui composent le prénom : MILA.

Prononcer MILA et écouter le silence : Mila

Y a quelqu’un ?  Ohé, y a quelqu’un ?!!

Le silence qui suit toute allusion à MILA est en passe d’être homologué pour mesurer le vide absolue et l’abyssale couardise d’une époque délétère prête à sacrifier ses principes fondamentaux sur l’autel du misérabilisme moutonnier. 

C’est simple pour rencontrer un tel vide il faut avoir accès à la bibliothèque personnelle de Cyril Hanouna ou à ce qu’il reste de vergogne dans la tête d’un Juan Branco.

Pourtant dimanche soir sur TFI, Mila elle-même a brisé ce silence en envisageant son avenir de jeune femme de 18 ans par ces mots : 

Peut-être que je serai morte dans cinq ans… Je vais forcément pas rester en vie

Voilà. 

Y a quelqu’un ?  Toujours pas… ?!!!

Voilà ce qu’il reste d’espoir à Mila pour avoir fait usage de sa liberté d’expression en invoquant l’hypothèse d’introduire un doigt dans le rectum d’un personnage fictif -qui, s’il existait aurait les moyens d’en interdire l’accès- en l’occurrence : Dieu. 

Depuis ce jour où il fallut contraindre Mila à quitter son lycée, vivre recluse et sous protection policière. 

Depuis ce jour où surgit le flot ininterrompu d’insultes, sexistes, homophobes, racistes, de menaces de mort, d’atteintes à sa vie privée et j’en passe… 

C’est le silence. 

Le silence des laïcs s’interrogeant sur le caractère judicieux de soutenir Mila, histoire de vérifier si leur silence d’aujourd’hui produira les mêmes effets que celui qui fût le leur au moment de la publication des caricatures du prophète par Charlie Hebdo. (Bah oui si tu vérifies pas comment savoir…)

Le silence de ces féministes qui préfèrent attendre la prochaine victime d’un mâle blanc de cinquante ans, histoire de ne pas compromettre la convergence des luttes, 

Le silence de ces enseignants, éducateurs, parents d’élèves, responsables politiques, qui préfèrent attendre le moment venu pour nous alerter sur les risques d’une flambée de « l’islamophobie », un peu comme ils l’avaient fait après l’assassinat de Samuel Paty…

Le silence d’une gauche misérabiliste et d’une droite conservatrice s’interrogeant sur l’opportunité de rétablir un peu du délit de blasphème, au nom du respect, de la gentillesse et surtout d’une incapacité à mesurer l’impact de leurs démissions sur les libertés de tous. 

C’est dans le silence de notre démission que se joue le calvaire de Mila et notre drame à tous. 

C’est ce silence qui autorise des demeurés à se considérer comme victimes d’une déclaration d’une jeune femme au sujet de celui qu’ils considèrent comme leur Dieu. 

C’est ce silence qui les autorise à déverser leurs menaces et leur haine, en attendant qu’un plus débile qu’eux vienne terminer le travail… un peu comme ce fût le cas pour la rédaction de Charlie et Samuel Paty.

Alors contrairement à Dieu, il faut se sortir les doigts maintenant, se tenir debout, pour expliquer, parler, défendre nos principes, parce qu’on ne peut pas rester silencieux quand dans notre pays, une jeune femme de 18 ans risque sa vie pour sa liberté d’expression. 

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