Vendredi soir, Sophia a regardé la cérémonie des Césars…

Ah j’ai dormi. Mais, non je déconne, c’était dingue, grand et fort, engagé, impertinent, violent même !!! 

Pour moi, la 46ème cérémonie des César restera la plus transgressive de l’histoire de l’académie, qui en a vu pourtant des coups de gueules en Gucci, de la rebellitude en Louboutin et des diatribes en Prada. 

Mais à la différence de toutes les autres, cette cérémonie était un concentré de l’époque. 

Entre un très beau président au discours… un peu creux. 

Un maîtresse de cérémonie drôle et peut-être… un peu bourrée.
Une Isabelle Huppert s’essayant… au bide et un Vincent Dedienne citant du… Adolf Hitler. 

Il est venu le temps des « artistes engagés » avec…

·       Une Jeanne Balibar plus mobilisée que jamais pour… les actrices de son âge, à elle. 

·       Un humoriste noir venant défendre la cause… des noirs. 

·       Des intermittents venant défendre la cause… bah des intermittents. 

·       Et une Corinne Masiero dans un costume d’à poil clamant, chatte à l’air, la douleur… des intermittents. 

En revanche… pas un mot, pas une allusion, pas une évocation du grand argentier du cinéma français, du propriétaire de Canal +, de celui dans la main duquel toute la grande famille du cinéma français a passé sa soirée de vendredi à se rebeller. 

Aucun Che Guevara en smoking pour dénoncer le licenciement du comédien Sébastien Thoen, ni celui d’ailleurs de tous ceux qui, au sein du groupe Canal, ont eu le courage de le défendre. 

Aucune égérie en Chanel pour s’inquiéter du bras de fer entre Bolloré et les sociétés d’auteurs.

Personne, walou, macache, nibe. Et vous savez pourquoi ? 

Et bien, tout simplement parce que sous les strass et les paillettes nos révolutionnaires de gala savent parfaitement faire la différence entre ceux devant qui, on se lève et on se casse ; et celui devant qui tout le monde reste assis, en silence et la main bien tendue. 

Mais que vaut la liberté de dire tout et n’importe quoi quand on ne défend pas celle de Sébastien Thoen à railler le populisme morbide d’un Pascal Praud ?

Comment peut-on vouloir être essentiel aux autres quand on ne parle que de soi, de sa souffrance et de celle des siens au beau milieu d’une pandémie ?

Ce vendredi, jamais le cinéma français n’aura été à ce point une industrie de divertissement, à la solde de celui qui la finance, animée par quelques happy few, venant se rebeller en famille, dans la main… de Bolloré. 

Tout ça pour dire qu’à moi aussi vendredi soir, le cinéma français m’a beaucoup manqué. 

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