Aussi surprenant que cela puisse paraître, la semaine dernière notre vie politique a bel et bien été bouleversée par l’irruption impromptue d’un appendice turgescent dans la campagne municipale pour la conquête de la mairie de Paris.

Une courte séquence vidéographiée dont la durée, inversement proportionnelle à sa profondeur de champ, apparaissait comme une promesse faite en son temps à une femme visiblement consentante, dans un cadre strictement privé et que je me serais volontiers dispensée de voir. Déjà, parce que son auteur présumé n’avait aucune intention de nous la montrer, mais surtout parce que, au risque de choquer, je considère que la vie privée, doit rester… privée. 

Oui, je sais c’est dingue. Surtout que le plus choquant dans tout ça, mise à part la taille du sujet qui plongea mon mari dans une dépressive perplexité, tient au profil de ceux qui ont publié cette vidéo. En l’occurrence, Juan Branco, un branquignole de l’activisme germanopratin et Piotr Pavlenski, un réfugié politique ayant fui la dictature poutiniste pour venir dénoncer en France la dictature macroniste- ce qui est moins dangereux. 

Écoutons leurs déclarations en tendant bien l’oreille, le son est aussi brouillon que le raisonnement…

Ce que l’on a fait, sans haine, sans quoi que soit, c’est que l’on a juste montré un désaccord entre des actes et des paroles 

Voilà c’est tout, ils ont juste violé la vie privée et détruit la carrière politique d’un homme mais « sans haine, sans quoi que ce soit… ».

Juste pour montrer que « ses actes » (l’envoi de la vidéo susmentionnée) étaient en désaccord avec « ses paroles » (l’attachement proclamé de l’intéressé pour son couple et sa vie famille). Il n’y a pas de haine, c’est juste une petite leçon de morale, une sorte de fessée numérique de la part de deux activistes en chambre nous imposant leur puritanisme 2.0 qui consiste à interdire à toute personne ayant envoyé un jour une vidéo de sa quéquette, de se prévaloir publiquement de toute forme d’amour pour sa famille et surtout de se présenter à une élection municipale.

Parce que oui j’oubliais, s’ils ont fait ça, c’est surtout pour sauver Paris et ses habitants d’un danger encore plus grand…

Que pouvait-il arriver si une personne qui méprise ses électeurs qui devient chef de ville ?

- Bah oui que pouvait arriver s’il devient chef de ville ?

Comme ça, j’aurai tendance à dire euh… Rien. 

Sauf bien sûr, si l’on considère :

  • Que se « vidéo-palucher » est contraire à la morale, 
  • Que l’infidélité constitue un danger pour la démocratie, 
  • Que détruire la vie privée et la carrière politique d’un individu ce n’est pas de la haine, 

Dans ce cas oui, on peut considérer qu’il suffit que deux glands nous déblatèrent leur nouvel ordre moral pour qu’on les confonde avec des révolutionnaires… Pour les autres- dont je fais partie- il ne nous reste plus qu’à attendre que la Justice fasse son travail ce qui nous laissera le temps de répondre à cette question :

Qu’est-ce qu’on a bien pu rater pour passer de Nelson Mandela à Eric Drouet ? De Vaclav Havel à Maxime Nicolle ? De Jan Pallach à Piotr Pavlensky ? Et maintenant de Robert Badinter à Juan Branco ? Parce que ça visiblement, on en est tous responsables. 

  • Légende du visuel principal: Sophia Aram © Radio France /
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